Le lapsus de Jacqueline Gourault sur les «prisonniers politiques» corses

BOULETTE Sur France Inter, Jacqueline Gourault a utilisé l’expression « prisonniers politiques » pour désigner des prisonniers corses, un terme cher aux nationalistes…

20 Minutes avec AFP

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Jacqueline Gourault, entourée des responsables corses Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni.
Jacqueline Gourault, entourée des responsables corses Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni. — PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

La « Madame Corse » du gouvernement Jacqueline Gourault a évoqué ce mardi le rapprochement récent en Corse de « prisonniers politiques ». En utilisant ce terme cher aux nationalistes, la ministre s’est attirée, malgré un rapide rétropédalage sur Twitter, des critiques et des commentaires ironiques.

« Il y a eu récemment des prisonniers politiques qui ont été rapprochés en Corse », a répondu la ministre auprès du ministre de l’Intérieur sur France Inter à une question évoquant les critiques adressées au gouvernement par le président de l’exécutif corse Gilles Simeoni, au lendemain d’une rencontre de ce dernier avec le Premier ministre Edouard Philippe.

Un peu plus tard, sur son compte Twitter, la ministre a fait une mise au point : « Evidemment, je ne m’approprie pas l’expression "prisonniers politiques" ! Il s’agit de détenus de droit commun. Les rapprochements se font au cas par cas, la Chancellerie examine un par un chacun des dossiers ».

Expression employée par les nationalistes

Dans son entourage, on évoque « une petite erreur de langage en reprenant l’expression "prisonniers politiques", terme d’abord utilisé dans la question qui lui était posée à l’antenne ». « Cela ne modifie bien sûr en rien sa position et celle du gouvernement sur le sujet, connue de longue date et répétées à l’issue de l’émission », a-t-on souligné.

Interrogée sur le nombre de détenus corses qui ont bénéficié de ces mesures de « rapprochement », la ministre a répondu qu'« il y en a eu trois récemment ». La question dite des « prisonniers politiques », une expression employée par les nationalistes, est une pierre d’achoppement entre le gouvernement et ces derniers, qui réclament de longue date leur rapprochement et leur amnistie.

« Situation de blocage »

Malgré sa rapide correction, le lapsus de Jacqueline Gourault n’est pas passé inaperçu et a suscité de nombreuses réactions, notamment sur Twitter. Gilles Simeoni, le président du Conseil exécutif de Corse, interpellé par un journaliste sur le réseau social, a répondu sur un ton ironique.

Le président de l’assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni, qui avait refusé de se rendre à Paris lundi pour rencontrer Edouard Philippe, a quant à lui profité du rétropédalage de Jacqueline Gourault pour adresser une nouvelle pique au gouvernement : « Dommage. Pour une fois que nous étions d’accord. Décidément… ».

Lundi, Gilles Simeoni a rencontré Edouard Philippe pour un entretien. A l’issue de celui-ci, il a déploré « une situation de crise et de blocage » malgré un accord sur la création d’un nouveau « statut fiscal et social » pour l’île.

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