Strasbourg: Le premier «écocirque» de Joseph Bouglione va poser son chapiteau en ville

ANIMAUX Après avoir renoncé aux animaux pour leurs spectacles, le cirque Joseph Bouglione se lance dans « l’écocirque », Strasbourg pourrait être la deuxième ville à l’accueillir en 2019…

Gilles Varela

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Un chapiteau de cirque. Illustration.
Un chapiteau de cirque. Illustration. — Atlas Photography / Sipa
  • Le cirque Joseph Bouglione devrait amener son « écocirque », à Strasbourg en mai prochain.
  • Sans animaux, il s’agit d’une nouvelle vision du cirque écolo et durable, avec, sans oublier de revisiter les classiques du genre, des conférences, des projections de documentaires, un village tourné sur la protection animale et environnementale.

Les temps changent, les mentalités suivent. Pour s’adapter à son époque, André Joseph Bouglione et sa femme Sandrine sont venus plaider à Strasbourg pour un cirque sans animaux, écolo et durable. Accompagné par Christel Kohler, adjointe au maire en charge de la question animale et d’Eric Schultz, adjoint au maire, le couple Bouglione est venu présenter le cirque traditionnel du futur, « l’écocirque, 100 % humain » et leur manifeste sur la question.

Une initiative qui fait écho à la motion adoptée à l’unanimité par le conseil municipal de Strasbourg en avril dernier, visant « à l’interdiction de l’exploitation des animaux sauvages dans les cirques et à l’accueil dans la ville d’arts circassiens respectueux de la condition animale. » Si les spectacles traditionnels du cirque sont revisités, l’écocirque proposera également des animations, des concerts, des projections documentaires, des conférences sur des thématiques écologiques.

Plus encore, un village avec une centaine de stands gravitera autour du chapiteau. Exit les camions, le transfert se fera par train ou voie fluviale, vêtements vegan pour les artistes, générateurs électriques…

 

« La motion est un signal fort, rappelle Christel Kohler. Les demandes d’autres cirques pour mai prochain sont en discussion. Certains pourraient venir sans leurs animaux. On essaye d’accompagner le cirque Joseph Bouglione, car oui, nous sommes pour le cirque, pour qu’il reste avec un public populaire. Parce qu’aussi, Strasbourg est capitale européenne et nous voulons donner un signal pour que la législation en France avance, et pourquoi pas aussi une charte avec des villes européennes partenaires pour promouvoir le bien-être animal. On avance petit à petit. »

« Les cirques qui refusent d’ouvrir les yeux sur notre société vont droit dans le mur », prédit André Joseph Bouglione qui ne peut que constater la chute du nombre de visiteurs allant au cirque, les fermetures. Eux, ont franchi le pas depuis plusieurs années, mais officiellement depuis mai. « Le cirque s’adapte depuis 250 ans mais depuis les années 70, rien ne bouge. On a changé les lumières, mais rien sur le fond, regrette l’ancien dompteur. La majorité des circassiens refusent de se remettre en question et d’ouvrir les yeux sur le monde tel qu’il est devenu. Les cirques avec animaux sont dans l’impasse. »

« On est devenu des nuisibles et plus un divertissement. Près de 67 % des gens ne veulent pas d’un cirque avec des animaux. Nous sommes perçus comme des tortionnaires. Le cirque doit passer le bon message aux générations futures », renchérit Sandrine Bouglione.

L’écocirque est annoncé comme un divertissement « au service de la planète, engagé dans la protection animale, la préservation de la biodiversité, la nutrition ». Pas étonnant donc que le projet a tapé dans l’œil des élus strasbourgeois, d’autant plus que le modèle économique étudié par le couple Bouglione donnera la priorité à l’emploi local.

Comme d’autres villes françaises, Strasbourg fait donc de l’œil à l’écocirque afin d’être la première à l’accueillir, dès le printemps 2019. Et cela devrait peut-être se faire au jardin des Deux-Rives. « D’habitude, les cirques envoient des centaines de lettres qui finissent à la poubelle et se battent pour avoir un emplacement. Les choses changent avec cette nouvelle approche », se félicite André Joseph Bouglione qui espère entraîner dans son sillage l’ensemble de la profession.

 

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