VIDEO. Que sait-on de la nouvelle action de Greenpeace à la centrale nucléaire du Bugey?

NUCLEAIRE Les militants, qui ont piloté un drone jusque dans la centrale, entendaient démontrer la vulnérabilité des installations nucléaires...

Elisa Frisullo

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Un drone en forme de superman a survolé la centrale nucléaire du Bugey, dans l'Ain, près de Lyon, ce mardi matin. Lancer le diaporama
Un drone en forme de superman a survolé la centrale nucléaire du Bugey, dans l'Ain, près de Lyon, ce mardi matin. — Nicolas Chauveau / Greenpeace
  • Ce mardi matin, un drone et un avion télécommandés de Greenpeace ont survolé la centrale nucléaire du Bugey, Près de Lyon.
  • Une nouvelle action destinée à alerter sur les failles de sécurité des installations nucléaires.
  • EDF a expliqué que cette action n’avait pas d’impact sur la sûreté.

Ce n’est pas la première fois que les militants écologistes réalisent des actions symboliques et spectaculaires pour démontrer les failles de sécurité des centrales nucléaires. Après Cattenom (Est) et Cruas (Ardèche) fin 2017, Greenpeace a ciblé ce mardi matin la centrale nucléaire du Bugey (Ain), près de Lyon. 20 Minutes vous explique ce qu’il faut retenir de cet acte militant, qui intervient à la veille de la remise du rapport de la commission d’enquête sur la sûreté des installations nucléaires à l’assemblée nationale.

Que s’est-il passé ?

A 6 h 10, l’ONG a envoyé un drone, en forme de Superman, puis peu après un petit avion rouge télécommandé dans l’enceinte du Bugey. Un second drone filmait et photographiait la scène. Les deux premiers appareils ont survolé la centrale nucléaire située à Saint-Vulbas et sont venus se crasher au pied de la piscine d’entreposage de combustibles usés, accolée au réacteur 2, selon Greenpeace. « Cette action démontre une nouvelle fois l’extrême vulnérabilité de ce type de bâtiment qui est pourtant celui qui contient le plus de radioactivité dans une centrale nucléaire », a indiqué l’ONG.

Cette opération montre-t-elle de réelles failles de sécurité ?

EDF a confirmé le survol de la centrale nucléaire par deux engins, interceptés par les gendarmes, mais a exclu « tout impact sur la sûreté des installations ». « Le bâtiment combustible est un bâtiment important pour la sûreté, dimensionné notamment contre les agressions externes naturelles ou accidentelles, ce qui lui assure une robustesse élevée. Le survol de drone ne constitue pas une menace vis-à-vis de la sûreté », a assuré l’entreprise publique qui a toutefois prévu de porter plainte contre Greenpeace. Pour l’ONG, toutefois, cette action « réussie » démontre « une nouvelle fois une grosse faille de sécurité dans les centrales nucléaires ». « Nous réclamons plus de sécurité pour les centrales. Nous sommes des militants responsables, nous avons envoyé un Superman en polystyrène », explique Cyrille Cormier, responsable de la campagne énergie et climat chez Greenpeace France. « Ce que cela démontre, c’est qu’EDF ne peut pas arrêter un drone, ni un gros-porteur, ni un missile », ajoute le militant énergie, convaincu de la « fragilité » du bâtiment ciblé.

Un drone en forme de superman a survolé la centrale nucléaire du Bugey, dans l'Ain, près de Lyon, ce mardi matin.
Un drone en forme de superman a survolé la centrale nucléaire du Bugey, dans l'Ain, près de Lyon, ce mardi matin. - Nicolas Chauveau / Greenpeace

 

Pourquoi Greenpeace mène-t-elle ces actions symboliques ?

En octobre dernier, des militants avaient réussi à pénétrer dans l’enceinte de la centrale de Cattenom et avaient tiré un feu d’artifice au pied de la piscine d’entreposage de combustibles usés. En novembre, 22 membres de Greenpeace étaient également entrés par intrusion dans la centrale de Cruas. « Notre action de ce mardi intervient à la veille de la remise du rapport de la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté des installations nucléaires. Nous voulons redire aux concitoyens et aux autorités qu’il est indispensable de prendre des mesures », ajoute Cyrille Cormier. « Il y a un problème de sécurité en France qui est connu. Il faut contraindre EDF, qui est une entreprise publique à agir. L’Etat est défaillant avec la sûreté des centrales et la sécurité de la population », ajoute le responsable de Greenpeace.

Que risquent les militants ?

Fin juin, pour leur intrusion dans la centrale ardéchoise, les 22 militants ont été condamnés à quatre mois de prison avec sursis et 500 euros d’amende. L’ONG a par ailleurs été condamnée à 25.000 euros d’amende et à 50.000 euros pour le préjudice moral. « Mais il n’y a pas eu de prison ferme prononcée et l’amende de Greenpeace a été nettement inférieure à ce que réclamait EDF. L’entreprise n’a pas été suivie par la justice, ce qui montre qu’il y a un vrai débat sur la sûreté de ces installations en France », ajoute l’ONG. Pour cette nouvelle action, Greenpeace s’expose à des poursuites judiciaires et une nouvelle condamnation.

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