VIDEO. Pyrénées-Orientales: Le vin de ces vignerons japonais a séduit le meilleur restaurant du monde, mais ils risquent l'expulsion

SOCIETE Le couple a investi 150.000 euros pour le développement d’une production de vin…

Nicolas Bonzom

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Illustration vigne
Illustration vigne — TRAVERS ERIC/SIPA
  • A Banyuls, un couple de vignerons japonais est menacé d’expulsion.
  • Leur vin naturel est très apprécié par de prestigieuses tables.
  • La préfecture indique que leur revenu n’est pas suffisant pour rester en France.

A Banyuls-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales, la pilule passe mal : un couple de vignerons japonais, réputé dans le milieu du  vin, est menacé d’expulsion. Les deux amoureux de la vigne ont reçu le 12 avril une obligation de quitter le territoire.

Hirofumi et Rie, installés dans la commune depuis 2016, dont le vignoble du coin n’a presque plus aucun secret, ont investi 150.000 euros pour produire des vins naturels.

Des restaurants séduits par leur vin

Quand la nouvelle est tombée, Jean Codognès, l’avocat du couple a « pensé à une erreur administrative ». Selon lui, la seule cuvée du domaine exploitée par les deux vignerons japonais « a été une réussite » : « Des restaurants célèbres comme Can Roca à Gérone, en Espagne, qualifié de meilleur restaurant du monde, mais aussi Le verre volé, à Paris, ont été conquis », souligne Jean Codognès à l’AFP. Leur deuxième cuvée s’annonce aussi sous les meilleurs auspices : 75 % est déjà réservée.

Contactée par 20 Minutes, la préfecture indique que le couple a déposé une demande de titre de séjour en France, le 23 février 2017, auprès de ses services. Cependant, « ce document ne peut-être délivré qu’aux personnes qui justifient de ressources suffisantes, indique la préfecture. Les éléments transmis par les intéressés ne permettent pas de justifier du revenu minimal fixé par la loi. Le titre de séjour n’a pas pu leur être délivré. »

Selon la préfecture, « le couple ne gagne pas 2.000 euros par mois et leur activité n’est donc pas viable », s’insurge Jean Codognès. « Ils ne gagnent pas 2.000 euros. Mais le revenu moyen dans ce secteur y compris les aides, est inférieur à 1.000 euros. »

« Une situation ubuesque » pour la présidente de la région

Rie, 42 ans, et Hirofumi, 38 ans, sont arrivés en France en 2011, avec la ferme volonté de devenir vigneron. Avant d’acheter leurs 3,5 hectares de vignes en Catalogne française, ils se sont formés, en travaillant comme ouvriers agricoles ou cavistes, et en passant des diplômes de responsable d’exploitation et de technicienne en œnologie.

Un recours a été déposé par le couple devant le tribunal administratif de Montpellier, il devrait être étudié le 6 septembre. « La situation de ces jeunes vignerons est ubuesque, a notamment réagi Carole Delga (PS), présidente de la région Occitanie. Notre pays doit donner sa chance à tous ceux qui innovent et qui prennent des risques, y compris en viticulture, surtout s’ils subliment le fruit de nos terroirs. »