Evasion de Redoine Faïd: Les complices «avaient sans doute repéré les lieux par le biais de drones»

JUSTICE « Il y a quelques mois, les services de l’établissement avaient repéré des drones qui survolaient l’établissement », a indiqué la ministre…

20 Minutes avec AFP

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Croquis d'audience de Redoine Faïd le 1er mars 2016 devant la cour d'assises à Paris
Croquis d'audience de Redoine Faïd le 1er mars 2016 devant la cour d'assises à Paris — BENOIT PEYRUCQ AFP

Redoine Faïd s’est évadé ce dimanche matin avec la complicité d’un « commando armé » de la prison de Réau en Seine-et-Marne, où il était incarcéré. Les complices, qui ont permis l’évasion spectaculaire par hélicoptère du braqueur récidiviste d’une prison de Seine-et-Marne, avaient « sans doute repéré les lieux par le biais de drones », a affirmé la ministre de la Justice Nicole Belloubet.

« Il y a quelques mois, les services de l’établissement avaient repéré des drones qui survolaient l’établissement », a indiqué la ministre venue au centre pénitentiaire de Réau, en se disant toutefois « pas en capacité » de faire un lien formel avec l’évasion.

« Il s’agit là d’une évasion hors norme, qui a supposé un commando très bien préparé »

L’opération, qui s’est déroulée vers 11h30 au centre pénitentiaire de Réau, a duré « quelques minutes » et n’a fait ni blessé ni otage, a indiqué l’administration pénitentiaire. « Il s’agit là d’une évasion hors norme, qui a supposé un commando très bien préparé » avec « un hélicoptère, trois personnes plus un instructeur pris en otage », a affirmé la garde des Sceaux Nicole Belloubet, selon qui les complices avaient « sans doute repéré les lieux par le biais de drones ».

La ministre a détaillé le scénario d’un hélicoptère « qui ne se pose pas vraiment, mais reste en léger survol eu dessus de la cour » d’honneur, de « deux personnes qui sortent de l’hélicoptère pendant que le troisième surveille le conducteur », puis « scient le pêne de la porte avec une meuleuse et vont chercher Redoine Faïd » au parloir.

L’hélicoptère a ensuite été retrouvé à Gonesse (Val-d’Oise), à une soixantaine de kilomètres de la prison, a-t-on précisé de source proche du dossier. En état de choc, le pilote a été transporté à l’hôpital.

Un des frères en garde à vue

L’hélicoptère serait parti de Fontenay-Trésigny (Seine-et-Marne), selon une source proche de l’enquête. Une fois l’appareil posé dans la cour d’honneur de la prison, dépourvue de filets, deux individus « portant des cagoules et des brassards de police » et équipés de « fusil d’assaut de type kalachnikov », sont descendus et ont « lâché des fumigènes dans la cour », d’après Martial Delabroye, secrétaire FO du centre pénitentiaire.

Faïd se trouvait au parloir avec un de ses frères. Celui-ci a été placé en garde à vue, a-t-on indiqué de source judiciaire. L’hélicoptère, de type Alouette II, de couleur beige, a fait l’objet d’une tentative de mise à feu dont témoignaient une vitre gondolée par la chaleur et un habitacle noirci.

Faïd et ses complices auraient ensuite emprunté une voiture qui « a été retrouvée incendiée sur le parking P1 du centre commercial O’Parinor » d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), a-t-on indiqué de source policière. Dans l’après-midi, la police scientifique a inspecté le véhicule, une Mégane noire, a-t-on constaté.

La chasse au fugitif a commencé

« Tous les moyens sont mobilisés pour localiser le fugitif », a indiqué le ministère de l’Intérieur, précisant que « des dispositifs coordonnées de contrôle et d’interception sont mis en place, qui tiennent compte de la dangerosité du fugitif et de ses possibles complices ».

Quelque « 2.900 policiers et gendarmes sont mobilisés » (sécurité publique, police judiciaire, police aux frontières, gendarmes…) et « un signalement a été diffusé sur l’ensemble du territoire », a-t-on précisé de source policière en fin d’après-midi.

La ministre de la Justice a de son côté « décidé de lancer une inspection » qui « dira s’il y a eu une défaillance en termes de sécurité active ou passive » dans l’établissement​. Le parquet de Paris a ouvert une enquête en flagrance des chefs d’évasion en bande organisée et d’association de malfaiteurs confiée à la DCPJ, a-t-il indiqué.

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