Marseille, Nice, Toulon: Des policiers roumains pour lutter contre la délinquance dans les TER de la région Paca

TRANSPORTS Ce vendredi, le conseil régional votait cette expérimentation qui vise à aider les policiers français à sécuriser les TER et les gares…

Mathilde Ceilles

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Un train TER en gare de Marseille.
Un train TER en gare de Marseille. — PATRICE MAGNIEN
  • La région Paca lance une expérimentation cet été.
  • Deux policiers roumains vont patrouiller dans les gares et TER de la région.
  • Ils viendront épauler leurs homologues français.

Ils seront deux. Cet été, un duo de policiers roumains patrouillera en région Paca dans le but d’épauler ses homologues français dans leur travail de lutte contre la délinquance dans les gares et les trains de la région. Ce vendredi, le conseil régional a voté la mise en place de cette expérimentation jusqu’au 30 septembre 2018.

« Raisons pratiques »

« Nous notons la recrudescence pendant la période estivale d’un certain nombre de faits de pickpockets, notamment dans les gares et les trains, met en avant Philippe Tabarot, vice-président de la région Paca en charge des transports. Pour des raisons pratiques lors des interpellations notamment, il nous a paru nécessaire d’avoir des policiers en mesure d’échanger et dialoguer avec des personnes susceptibles de commettre des faits délictueux. »

Et de préciser : « Il faut par exemple un interprète quand on place une personne étrangère en garde à vue. Cette expérimentation nous rendrait plus efficace. » La région s’inquiète notamment d’un potentiel climat d’insécurité dans les transports publics régionaux qui pourrait porter « atteinte au potentiel touristique de la région. »

Un arrangement administratif

Pour mener à bien cette expérimentation, la région s’appuie sur un arrangement administratif signé en mai 2016 entre le ministre de l’Intérieur de la République Française et le ministère des affaires intérieures de la Roumanie. Cet arrangement prévoit l’accueil de policiers roumains en mission en France.

D’ailleurs, depuis plusieurs années, des policiers roumains patrouillent déjà dans les lieux touristiques de Paris, afin d’aider au démantèlement de réseau de délinquance roumaine. « Ils en sont très contents, donc nous avons demandé à pouvoir le tester dans notre région », affirme Philippe Tabarot.

Une convention entre la Région et la place Beauvau

Selon les termes de la convention de partenariat conclu entre le ministère de l’Intérieur et la région le 16 mars dernier, ces policiers roumains seront placés sous l’autorité du chef de service de la police nationale. La région s’est engagée de son côté à prendre en charge l’indemnité journalière de 45 euros per-diem, ainsi que les frais d’hébergement à hauteur de 60 euros maximum et les frais de transport.

Mais pourquoi donc demander la venue de Roumains dans la région ? Y a-t-il une problématique spécifique liée à la délinquance roumaine dans les trains et les gares en Paca ? Dans la délibération placée au vote, la région justifie ce choix par un constat selon lequel « le nombre de ressortissants de certains pays de l’Union Européenne mis en cause dans les crimes et délits est en nette croissance depuis quelques années, notamment sur le territoire régional ». La région espère ainsi « lutter efficacement contre cette forme de délinquance qui se concentre dans les grandes villes et les secteurs touristiques ».

La délibération fait référence à des statistiques nationales du ministère de l’Intérieur. En effet, selon cette source, un quart des vols sans violence commis par des personnes étrangères en France sont le fait de Roumains en 2016. Toutefois, cela ne représente que 6 % des mis en cause totaux.

Arrivée prévue le 17 juillet

Aucun chiffre dans ce document cité par la région ne permet d’évaluer la prégnance du phénomène au niveau local. Contactée, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône n’a pas donné suite à nos sollicitations. La question agace d’ailleurs Philippe Tabarot. « Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Nous travaillons d’ailleurs également à l’accueil de policiers chinois, car nous avons constaté que cette population est une cible particulièrement vulnérable dans notre région. »

L’initiative surprend Stéphane Coppey, secrétaire général de l’association d’usagers Nos Ter Paca. « Nos membres nous font remonter des actes d’incivilités mais pas de problèmes particuliers avec des Roumains. Pourquoi aller chercher des policiers en Roumanie ? Je réfute la logique qui consiste à cibler des populations. Stigmatiser me semble inadapté. Mieux vaut à mon sens axer sur la prévention et la médiation pour lutter contre ces petits actes d’incivilité dont les usagers du train nous font part. »

Les deux policiers roumains doivent arriver dans la région le 17 juillet prochain.

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