Limoges: Des médecins testent un dispositif silencieux pour donner l'alerte en cas d'agressions

SECURITE Une quarantaine de médecins de Limoges testent le dispositif « SécuriMed », unique en France, qui leur permet d’envoyer une alerte au SAMU et à la police en pressant sur un simple bouton s’ils se sentent en danger…

E.P. avec AFP

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Illustration d'une consultation médicale entre un médecin et une patiente.
Illustration d'une consultation médicale entre un médecin et une patiente. — DURAND FLORENCE/SIPA
  • Un groupe de médecins de Limoges testent un dispositif permettant d’avertir discrètement SAMU et police s’ils sont agressés ou se sentent menacés pendant leur travail.
  • Si le SAMU ne parvient pas à joindre le praticien après l’alerte, la police intervient.
  • Le dispositif pourrait être étendu dans le Limousin d’ici la fin de l’année.

C'est un dispositif unique en France. Une quarantaine de médecins opérant au sein du système de garde de Limoges testent depuis quelques semaines « SécuriMed » qui leur permet de prévenir silencieusement le Samu et la police  en cas d'agression.

Le médecin agressé, ou qui se sent menacé presse un bouton, ce qui envoie simultanément une alerte courriel aux secours. Le message contient le nom et le numéro de téléphone du médecin en difficulté, ainsi qu'un lien pour le géolocaliser.

Un temps d'intervention estimé de 5 à 7 minutes 

A charge pour le Samu de procéder à « la levée de doute » en contactant le praticien. « S'il ne décroche pas, on considère que la police peut intervenir », explique le Dr Eric Rouchaud, référent « sécurité » de l'Ordre des médecins de la Haute Vienne, qui a participé au développement du dispositif pendant deux ans. « C'est la simultanéité de l'alerte qui le rend si original et opérationnel », estime-t-il.

La police envoie alors la patrouille la plus proche et , avec « environ onze équipes mobilisables », le temps d'intervention est de seulement « cinq à sept minutes maximum », selon le Dr Rouchaud.

Avec moins de 20 agressions déclarées par des médecins par an en moyenne, le département est peu exposé contrairement à « des secteurs comme l'Ile-de-France », reconnaît le médecin, mais cela n'empêche pas « un sentiment d'insécurité bien réel qui peut contribuer à rendre l'échange avec le patient tendu », explique-t-il.

Un déploiement espéré en France

Après la phase de test gratuit, ce système, inspiré d'une application permettant de retrouver des chiens de chasse perdus, sera proposé à l'ensemble des médecins de Limoges contre une participation d'environ 80 euros, puis déployé à travers le département de la Haute-Vienne d'ici la fin de l'année.

L'Ordre national des médecins et le ministère de l'Intérieur suivent ce déploiement et pourraient l'étendre au niveau national, selon le Dr Rouchaud. « On l'a développé sous forme associative, mais nous serions très heureux que notre idée peu coûteuse, développée entièrement à Limoges grâce à une coopération exemplaire entre l'Ordre, la police et l"hôpital, soit proposée ailleurs », dit-il.

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