Migrants: Des ONG dénoncent des droits toujours pas respectés à la frontière italienne

LEUR ENQUETE Six organisations ont mené une mission d’observation dans les Alpes-Maritimes, près de Vintimille…

F.B. avec AFP

— 

Un homme patiente dans le camp de la Croix-Rouge à la frontière franco-italienne à Vintimille le 15 juin 2018.
Un homme patiente dans le camp de la Croix-Rouge à la frontière franco-italienne à Vintimille le 15 juin 2018. — MIGUEL MEDINA / AFP

Elles ont mené une nouvelle mission d’observation pendant 48 ans près de Vintimille… et le verdict de ces six ONG est tombé. Refoulement illégal de mineurs, privation de liberté prolongée, impossibilité de demander l’asile : les droits des migrants ne sont toujours pas respectés par la France à la frontière avec l’Italie.

Amnesty, Cimade, Médecins du monde, Médecins sans frontière, Secours Catholique, Anafé ont ainsi déployé une vingtaine d’observateurs du 24 au 26 juin dans cette zone où la préfecture des Alpes-Maritimes assure que tout est fait dans le respect de la légalité.

« Des pratiques illégales »

Mais selon ces ONG, « le rétablissement des contrôles à la frontière est devenu le prétexte à la banalisation de nombreuses pratiques illégales de la part des autorités françaises, malgré les interventions de la justice et de nombreuses autorités indépendantes ».

En deux jours, elles indiquent avoir vu des migrants enfermés dans un local de la police aux frontières de Menton jusqu’à 14 heures d’affilée avant leur reconduite en Italie, « dépassant largement la durée de 4 heures jugée admissible par le Conseil d’Etat ».

« Des contrôles au faciès », pourtant prohibés

« Les forces de police n’ont pas pris en compte la minorité de 11 jeunes personnes, qui ont été refoulées illégalement vers l’Italie et ont ensuite été raccompagnées par les forces de police italienne en France », ajoutent-elles.

Elles ont aussi constaté « des contrôles au faciès », pourtant prohibés, dans les trains en provenance de Vintimille et « le refoulement de 157 personnes en Italie sans possibilité de demander l’asile ou que leur situation individuelle soit étudiée ».