Marseille: 50.000 repas scolaires cuisinés plusieurs jours à l'avance dans une seule cuisine

CANTINE La ville de Marseille vient de passer un marché avec Sodexo pour la livraison quotidienne de 50.000 repas dans les cantines scolaires…

Adrien Max

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Illustration d'une cantine scolaire.
Illustration d'une cantine scolaire. — Cesar Manso AFP
  • Le conseil municipal de Marseille a voté l’attribution du marché de la restauration scolaire au géant du secteur Sodexo.
  • Près de 50.000 repas seront livrés quotidiennement aux petits Marseillais.
  • Pour les parents d’élèves, plus de bio ne veut pas forcément dire un meilleur goût des aliments servis, alors qu’ils sont cuisinés dans une seule et même cuisine centrale.

Cinquante mille. Soit le nombre de repas servi quotidiennement aux petits Marseillais par l’entreprise Sodexo, par l’un des plus gros fournisseurs mondiaux de restauration collective. Le conseil municipal de la mairie de Marseille, a voté lundi l’attribution du marché de la restauration scolaire pour les écoles primaires de la ville pour une durée de sept ans. 

Je me félicite du respect du cahier des charges de cet appel d’offres qui répond aux exigences de mieux manger avec une meilleure sécurité alimentaire », annonce Danielle Casanova, adjointe LR déléguée à l’éducation.

Parmi les nouveautés, 50 % de produits bios seront désormais servis dans les 444 écoles que compte la ville, ce qui fera de Marseille « la plus grande cantine bio de France », se targue l’élue. Les repas devraient aussi être élaborés avec des produits locaux.

Une question politique

Pourtant, ce nouveau marché ne satisfait pas vraiment les parents d’élèves. « On reçoit toujours les mêmes écueils : un manque d’ambition. C’est, bien sûr, une question politique quand on voit que ça se passe beaucoup mieux dans les cantines des collèges, gérées par le département, que dans les cantines du primaire, gérée par la ville », avance Séverine Gil, présidente du mouvement des parents des Bouches-du-Rhône (Mpe13).

Selon elle, le principal problème réside tout simplement dans la cuisine centrale située à Pont-de-Vivaux, où tous les repas sont préparés.

Tant que ce schéma ne changera pas, nos enfants ne mangeront pas mieux. Les repas sont préparés à l’avance, puis refroidit, puis réchauffé plusieurs jours après. On aura beau mettre 50 % de bio, si les plats sont toujours aussi mal cuisinés, les enfants n’en mangeront pas plus », avance la maman d’élève.

Elle souhaiterait un système moins centralisé.

Preuve du décalage entre les familles et la mairie, Danielle Casanova se félicite, elle, de la signature d’un contrat unique : « Cela permet à des producteurs locaux de se développer. Comme ce producteur de pommes de terre à Salon-de-Provence qui a développé, avec l’Inra, une race de pomme de terre qui ne s’écrase pas quand on la réchauffe », se réjouit-elle. Mais ne faudrait-il pas justement les cuisiner sur place plutôt que de les réchauffer ?

« Récolter tous les avis »

Pour Danielle Casanova, ce choix d’une cuisine centrale est dicté par des contraintes d’hygiène. « Celles fixées par l’Europe sont très strictes, il est plus facile de mener des contrôles fréquents dans une cuisine centrale. L’idée de cuisines par arrondissement ne garantirait pas une même qualité de repas pour tous les enfants. Nous ne voulons pas qu’on dise qu’on mange mieux au nord de la ville qu’au sud, ou inversement », argumente l’élue.

Séverine Gil prépare, avec Mpe13, une grande enquête sur la restauration scolaire. « Actuellement nous recevons beaucoup d’avis négatifs, cette enquête permettrait de récolter tous les avis. » Danielle Casanova, rappelle, quant à elle, que les parents participent à l’élaboration des menus au sein d’une commission.

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