Lyon: Des contrôleurs TCL visés par la plainte d'un usager pour «violences en réunion»

AGRESSION Le jeune homme, qui s'est confié à «20 Minutes», dit avoir été violenté pour un simple «délit de solidarité».Les agents visés contestent cette version des faits...

Elisa Frisullo

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Un usager Lyonnais a porté plainte contre des agents TCL pour des violences à son encontre. Illustration.
Un usager Lyonnais a porté plainte contre des agents TCL pour des violences à son encontre. Illustration. — Elisa Riberry / 20 Minutes
  • Un usager des TCL a déposé plainte le 21 juin contre quatre agents TCL qu’il accuse de l’avoir violenté.
  • Les contrôleurs reprochaient alors à l’usager, muni d'un ticket en règle, d’avoir commis un délit de solidarité en donnant son billet à un passager sans titre.
  • Les agents visés contestent la version du jeune homme et affirment qu’il est tombé tout seul en s’enfuyant.

Lorsqu’il fait le récit de son agression, il n’est « pas en colère » mais encore « sous le choc ». Joshua (prénom d’emprunt) a porté plainte le 21 juin contre quatre agents TCL auxquels il reproche des « violences volontaires en réunion » perpétrées contre lui, dans le IVe arrondissement de Lyon jeudi dernier.

Ce matin-là, vers 10h20, ce Lyonnais de 27 ans prend comme chaque jour la ligne de bus C18, en direction de Croix-Rousse Nord, qui le ramène chez lui. Arrivé à l’arrêt Les Esses, des contrôleurs montent dans le véhicule pour vérifier la validité des titres de transport des passagers.

Un délit de solidarité passible d’une amende

Joshua est en règle. « Je venais d’acheter mon ticket en montant dans le bus. Le contrôle s’est bien passé jusqu’à ce qu’on entende le ton monter entre les contrôleurs et un voyageur qui n’avait pas de titre de transport », rapporte l’usager.

Joshua n’est pas loin à pied de son domicile. Alors, il décide de donner son ticket au passager fraudeur. Un geste interdit, vu comme « un délit de solidarité » par Keolis et passible d’une amende. « Je l’ai fait par courtoisie, pour que le problème soit réglé, et qu’il puisse bénéficier de mon ticket, encore valable cinquante minutes, sans être verbalisé. Je me suis dit que cela me ferait du bien de finir le trajet en marchant ».

Capture d'écran du message posté par Joshua sur les réseaux.
Capture d'écran du message posté par Joshua sur les réseaux. - capture d'écran

 

Mais à sa descente du bus, deux contrôleurs lui bloquent le passage et lui agrippent le bras, dit-il. « Ils me serraient fort. Ils m’ont dit "tu veux faire un délit de solidarité", on va t’apprendre », peut-on lire dans la plainte qu’il a déposée, dont 20 Minutes a eu lecture.

Un message sur Facebook très relayé

Puis tout s’enchaîne très vite. Joshua reste calme et indique avoir expliqué aux contrôleurs que leurs gestes étaient inappropriés. « Je leur ai même dit de me mettre une amende pour avoir donné mon ticket. Puis, deux autres contrôleurs sont arrivés, ils m’ont entraîné de force sous l’arrêt de bus puis l’un des d’eux m’a attiré vers lui et m’a fait un croche-patte », raconte-t-il. Joshua tombe au sol. Il se relève alors rapidement, « apeuré », « prend ses jambes à son cou » et s’enfuit.

Le médecin qui l’ausculte peu après constate plusieurs blessures, dont une douleur à l’épaule droite, une contracture paracervicale, des contusions et des dermabrasions sur le bras, le coude et le poignet droit, sur la lèvre et sur le flanc. Depuis cette agression présumée, ce Lyonnais, qui a subi cinq jours d’ITT, a posté sur Facebook un message pour raconter son histoire et la violence subie, dont il se dit victime, pour un simple geste de solidarité. Son post a été partagé et vu un millier de fois et a suscité de nombreuses réactions.

« Deux personnes qui étaient présentes dans le bus ce jour-là m’ont contacté après avoir vu mon message et veulent bien témoigner », explique le jeune homme, soucieux, par son récit, que cela ne se reproduise plus. « Je peux admettre qu’ils aient pris mon geste de solidarité pour de la provocation. Ces gens n’ont pas un travail évident. Mais qu’est ce leur direction leur demande pour être aussi violents pour un ticket de bus à 2,20 euros ? Pour moi, ces gars-là représentent l’ordre et la justice, on ne s’attend pas à ce qu’ils nous tapent sur la tronche ».

Des violences contestées par les contrôleurs

Contacté par 20 Minutes, Keolis, gestionnaire du réseau TCL, a indiqué que pour l’heure, aucune plainte n’est parvenue à la direction. « Il n’y a donc pas eu encore de demandes de réquisition de la vidéosurveillance présente dans le bus », précise un porte-parole. « Mais son message étant viral sur les réseaux, la direction des contrôleurs a mené une enquête interne ».

Les agents concernés ont été reçus en entretien et ont livré une version bien différente de celle de Joshua. « Les contrôleurs donnent la même version des faits concernant le début de l’histoire, mais ils affirment que l’usager a bousculé l’un d’eux et qu’il a trébuché tout seul en voulant prendre la fuite », ajoute-t-on chez Keolis.

Les témoins de la scène et l’exploitation des images de vidéosurveillance devraient permettre de corroborer ou d’infirmer les versions de chacun dans cette affaire.

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