Propos anti-vaccin: La radiation du professeur Henri Joyeux est annulée lors d'un procès en appel

MEDECINE En première instance, le professeur montpelliérain, 72 ans, avait été radié par la chambre disciplinaire du Languedoc-Roussillon à cause de ses positions anti-vaccin...

20 Minutes avec AFP

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Henri Joyeux, lors d'une conférence de presse, le 7 novembre 2017.
Henri Joyeux, lors d'une conférence de presse, le 7 novembre 2017. — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Il avait été condamné pour des pétitions anti-vaccins. La radiation du controversé professeur Henri Joyeux a été annulée en appe, a annoncé ce mardi la chambre disciplinaire nationale de l’Ordre des médecins. Cet organe, indépendant du Conseil national de l’Ordre, a estimé que la radiation prononcée en première instance le 8 juillet 2016 n’était « pas suffisamment motivée ».

Selon la décision d’appel, les propos du Pr Joyeux « n’excédaient pas le principe de la liberté d’expression ». De ce fait, la plainte contre lui du Conseil national de l'Ordre des médecins a été rejetée. « Je ne suis pas du tout radié, je n’ai pas de blâme. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que j’ai raison ! », a déclaré le médecin.

En première instance, le professeur montpelliérain, 72 ans, avait été radié par la chambre disciplinaire du Languedoc-Roussillon. En cause, deux pétitions publiées sur internet en septembre 2014 et mai 2015 par ce médecin cité en exemple par les anti-vaccins et contesté par une large partie de la communauté médicale.

Présence d’aluminium et papillomavirus

La première s’élevait contre une recommandation du Haut conseil de la santé publique, jamais suivie par le gouvernement, préconisant d’abaisser de onze à neuf ans l’âge de la vaccination contre le papillomavirus pour les filles. La seconde fustigeait le remplacement du vaccin DTPolio trivalent (c’est-à-dire protégeant contre trois maladies, la diphtérie, le tétanos et la polio) par un vaccin hexavalent (protégeant contre six affections).

Cette pétition pointait la présence d’aluminium comme adjuvant dans le vaccin en estimant que cela représentait un danger, ce qui n’est corroboré par aucune étude.

La première pétition « participe de la liberté laissée à tout individu dans un État démocratique d’exprimer son opinion sur un sujet qui le concerne », a jugé l’instance d’appel. En ce qui concerne la deuxième pétition, « la toxicité de l’aluminium comme adjuvant et la dangerosité du vaccin contre l'hépatite B font l’objet depuis plusieurs années de controverses nourries », a relevé la chambre disciplinaire nationale.

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