Soupçons de financement libyen: Poursuivi en diffamation par Claude Guéant, Ziad Takieddine sera jugé fin 2019

JUSTICE L'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine sera jugé en décembre 2019 pour avoir affirmé avoir remis des valises d’argent libyen au camp de l'ex-chef de l'État Nicolas Sarkozy...

20 Minutes avec AFP

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L'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine, le 18 octobre 2012 à Paris.
L'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine, le 18 octobre 2012 à Paris. — ANTONIOL ANTOINE/SIPA

Une fin d’année 2019 chargée en perspective pour Ziad Takieddine. L’homme d’affaires franco-libanais poursuivi en diffamation par l’ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant, sera jugé en décembre 2019 pour avoir affirmé dans Mediapart avoir remis cinq millions d'euros d'argent libyen au camp de l’ex-chef de l’État Nicolas Sarkozy.

La 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a fixé ce mardi cette audience au 19 décembre 2019, soit quelques semaines après un premier procès fixé aux 26 et 27 septembre 2019, où il est cette fois poursuivi par Nicolas Sarkozy pour les mêmes révélations.

Vers un nouveau report ?

Claude Guéant poursuit Ziad Takieddine, le directeur de publication de Mediapart Edwy Plenel, mais aussi, à la différence de Nicolas Sarkozy, les journalistes qui ont écrit l’article litigieux et réalisé la vidéo qui l’accompagne.

Toutefois, dans un autre procès en diffamation ayant opposé Claude Guéant et Ziad Takieddine en 2014, le tribunal avait décidé de surseoir à statuer en attendant l’issue de l’enquête tentaculaire sur des soupçons de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy de 2007 par le régime libyen de Mouammar Kadhafi, décédé en 2011. Un tel report pourrait se répéter dans ce volet si l’enquête n’est pas close.

« Cinq millions d’euros » en trois voyages

Dans une vidéo publiée le 15 novembre 2016 sur le site de Mediapart, accompagnée d’un article, le sulfureux homme d’affaires, présenté comme un intermédiaire dans les relations franco-libyennes, confiait avoir convoyé entre novembre 2006 et début 2007 « un total de cinq millions d’euros » dans des valises lors de trois voyages entre Tripoli et Paris. Des fonds qu’il aurait remis deux fois à Claude Guéant, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, mais aussi à Nicolas Sarkozy lui-même.

Ces derniers avaient farouchement démenti ces allégations et annoncé des poursuites.

Ces révélations avaient suscité un vif retentissement en pleine campagne pour la primaire de la droite​, dont Nicolas Sarkozy avait été éliminé dès le 1er tour.

Multiplication des mises en examen

Nicolas Sarkozy est mis en examen depuis le mois de mars pour « recel de détournements de fonds publics libyens », « financement illégal de campagne électorale » et « corruption passive » dans cette enquête.

Claude Guéant est déjà mis en examen depuis 2015 dans ce dossier pour blanchiment de fraude fiscale en bande organisée en raison d’un virement suspect à son bénéfice. Convoqué récemment par les juges, il doit être réentendu prochainement et pourrait se voir notifier de nouvelles mises en examen.

Ziad Takieddine est lui mis en examen pour « complicité de corruption » et « complicité de détournements de fonds publics par un agent public ».

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