Maths, grammaire, «Marseillaise»... Quels seront les «ajustements» mis en place à la rentrée scolaire?

ELEMENTAIRE Le Conseil supérieur des programmes vient de dévoiler ses « ajustements » pour la rentrée 2018, qui reprennent les préconisations du ministre Jean-Michel Blanquer...

20 Minutes avec AFP

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Un cahier d'écolier en classe de CP (image d'illustration).
Un cahier d'écolier en classe de CP (image d'illustration). — PASCAL PAVANI / AFP

A quoi ressemblera l’école l’an prochain ? Le Conseil supérieur des programmes (CSP) vient de dévoiler ses « ajustements » pour la rentrée 2018, qui reprennent en substance les préconisations du ministre Jean-Michel Blanquer. Il passera devant le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) le 12 juillet pour un avis consultatif avant la publication de textes législatifs.

« Juillet pour septembre, c’est un peu court », estime Claire Krepper, secrétaire nationale du SE-Unsa, interrogée par l’AFP, tout en regrettant qu’on « n’ait même pas eu le temps d’évaluer les anciens programmes », entrés en vigueur à la rentrée 2016.

« Malgré toutes ses déclarations, le ministre n’a pas résisté à la tentation : il change les programmes, qui venaient juste d’être installés », déplore de son côté Francette Popineau, secrétaire générale du Snuipp-FSU, principal syndicat du primaire. Or « il faut au moins cinq ans pour se les approprier », assure-t-elle.

Disparition du prédicat et La Marseillaise au CE1

Dans ses recommandations, le CSP reprend largement les recommandations qu’avait faites Jean-Michel Blanquer fin avril aux enseignants du primaire. Parmi celles-ci, le Conseil préconise en français une dictée quotidienne, qui existait en fait déjà. Il prône le retour de l’apprentissage du passé simple à toutes les personnes et non plus seulement aux troisièmes du singulier et du pluriel, le retour du COD et du COI remplacés l’an dernier par le controversé « prédicat ».

En maths, le CSP met notamment l’accent sur la maîtrise des quatre opérations en CP, conformément aux circulaires publiées au printemps par le ministère de l’Education.

Les programmes d’enseignement moral et civique recensent des notions théoriques à maîtriser. Les élèves devront apprendre le premier couplet de La Marseillaise dès le CE1.

« Rassurer l’opinion publique »

L’hymne national est actuellement appris en CM1, en parallèle avec les leçons d’histoire sur la Révolution, un tempo qui « fait sens », selon les enseignants.

« On sent surtout une volonté de rassurer l’opinion publique, en faisant croire qu’on revient au bon sens », a réagi Claire Krepper. « Une nouvelle fois, c’est un ministre qui donne à voir, qui rêve d’une école fantasmée, ce qui plaît au public, mais beaucoup de choses sont totalement inutiles », a abondé Francette Popineau.

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