Haute-Garonne: Les espèces protégées sur la route du projet de méga centre commercial Val Tolosa

JUSTICE Le rapporteur public du tribunal administratif a demandé l’annulation de l’arrêté préfectoral autorisant la destruction des espèces protégées, nécessaire à la construction du centre commercial, à l’ouest de Toulouse…

Beatrice Colin

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Vue d'artiste du furur centre commercial Val Tolosa.
Vue d'artiste du furur centre commercial Val Tolosa. — Unibail Rodamco
  • Le projet de méga centre commercial à Plaisance-du-Touch, porté par Unibail-Rodemco, prévoit la création d’une grande surface et de 150 enseignes.
  • Lancé en 2005, le projet a fait l’objet de nombreux recours devant les tribunaux, dont un d'un collectif d'opposants contre l'arrêté préfectoral autorisant la destruction d'espèces protégées.
  • Lors d'une audience au tribunal administratif, ce mardi, le rapporteur public a demandé l'annulation de l'arrêté préfectoral indiquant que le projet de centre commercial ne présentait pas un intérêt public majeur. La décision du tribunal a été mise en délibéré.

L’horizon semble plutôt bouché pour le futur centre commercial XXL, Val Tolosa, sur la commune de Plaisance-du-Touch. Depuis plusieurs mois, les revers judiciaires s’accumulent pour ce projet porté par Unibail-Rodemco qui prévoit la construction d’une grande surface et de 150 commerces sur une surface de 44 hectares, à l’ouest de Toulouse.

Après la confirmation en mai de la suspension de l’arrêté préfectoral sur les espèces protégées par le Conseil d’Etat, le rapporteur public du tribunal administratif de Toulouse vient d’enfoncer le clou en demandant son annulation pure et simple. Or celle-ci est nécessaire à la réalisation des travaux de construction.

Intérêt public majeur du projet

Lors d’une audience ce mardi, le représentant du ministère public a indiqué que ce projet ne relevait pas d’un intérêt public majeur, au point de devoir détruire des espèces protégées. Et ce sont les mêmes arguments qu’il met en avant concernant le projet de route qui doit desservir la zone.

« C’est un début de victoire, cela fait des années que le promoteur dit qu’il y a un intérêt public majeur en raison de l’impact économique. Des études récentes montrent au contraire que ce genre de centres commerciaux​ à un impact négatif sur les emplois déjà existants, notamment de commerces », indique Alice Terrasse, l’avocate des opposants au projet.

Au-delà des créations d’emploi, l’avocat d’Unibail-Rodemco a fait valoir de son côté que le nombre d’espèces protégées réellement impacté était très limité et que de toute façon leur destruction faisait l’objet de mesures compensatoires importantes.

Reste à savoir si le tribunal suivra l’avis du rapporteur public. Une décision qui devrait intervenir mi-juillet. Et en fonction de sa teneur, la société Unibail-Rodamco a indiqué en mai qu’elle examinerait « les options possibles et arrêtera sa position prochainement pour l’avenir de ce projet ».