Marseille: «Petits» arrangements et «grands» aménagements

AMENAGEMENT Plusieurs dossiers liés à l’aménagement ou à l’utilisation d’équipements de Marseille sont étudiés lundi en conseil municipal…

Adrien Max

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Vue aérienne du vieux port de Marseille, le 30 juin 2015
Vue aérienne du vieux port de Marseille, le 30 juin 2015 — BORIS HORVAT POOL
  • Plusieurs dossiers liés à l’aménagement de Marseille sont votés ce lundi en conseil municipal.
  • Parmi eux, le plan local d’urbanisme intercommunal, la délégation de service publique pour le parc Chanot, et pour la plage de la Pointe Rouge.
  • Dans le même temps, certains élus sont épinglés pour des « petits » arrangements.

Comment va évoluer Marseille ? Plusieurs dossiers liés à l’aménagement de la ville, et plus particulièrement de certains lieux emblématiques, seront étudiés ce lundi en  conseil municipal. Le plus important, et symbolique, concerne le vote du plan local d'urbanisme intercommunal. Son élaboration est vivement critiquée par l’opposition.

Alors qu’il regroupe les principales orientations en termes d’urbanisme, ce document souffre d’un cruel manque de concertation, selon Benoit Payan, chef de file PS à la mairie.

« Ce document est fait pour penser Marseille. Ce sont des questions dont les usagers de la ville devraient s’emparer alors qu’elles restent entre les mains des décideurs. J’ai reçu ce plan il y a huit jours, en toute sincérité il m’est impossible de le comprendre, alors imaginez pour les citoyens », se désole Benoit Payan.

Pour lui, la stratégie actuelle consiste à remplir les « dents creuses » de la ville par des constructions d’Eiffage, de Vinci ou de Bouygues, faisant référence notamment au projet de la Corderie.

« On ne peut pas mettre la ville sous cloche »

Pour Yves Moraine, président du groupe LR à la mairie, « à partir du moment où on construit il y a forcément des récriminations ». Selon lui, Marseille doit continuer à se développer pour accueillir les nouveaux habitants. « On ne peut pas mettre la ville sous cloche. Il faut que la ville évolue quitte à aller à contre-courant. Aujourd’hui des constructions comme l’immeuble du Corbusier feraient bondir certains, alors qu’il fait partie de notre fierté », avance-t-il. L’argument économique pour la bonne santé du BTP a aussi été évoqué.

D’autres dossiers d’aménagement symbolisent la gestion de la mairie, qui fait le choix de recourir à des délégations de service public (DSP). C’est le cas pour le parc Chanot, un immense centre de Congrès à deux pas du Vélodrome. « Nous souhaitons trouver un exploitant avec l’ambition d’investir de 120 à 200 millions d’euros afin d’adapter ce parc des congrès au 21e siècle », explique Yves Moraine.

Demander au maçon de faire le pain

Pour Benoit Payan, le recours à ses DSP symbolise le délaissement de certains dossiers par la ville. « Là aussi, il y a clairement un manque de concertation. Comment ouvre-t-on ce parc aux Marseillais ? Surtout, je vois l’appétit de groupes privés pour cet espace foncier disponible en plein centre-ville », considère-t-il. Le recours à une DSP impliquerait aussi que l’investisseur qui transformera le parc en devienne son gestionnaire.

« Cela revient à dire au maçon de construire la boulangerie, et ensuite de faire le pain. Ce n’est pas possible », regrette Benoit Payan.

La ville de Marseille a également fait le choix d’une DSP pour la gestion de la plage de la Pointe Rouge, qu’elle vient de récupérer à l’Etat. Mais après avoir lancé un premier appel d’offres, Didier Réault, adjoint LR à la mer, l’a annulé. « Nous n’étions pas satisfaits des offres reçues qui émanaient uniquement des anciens restaurateurs, il n’y avait pas assez de concurrence », avance-t-il.

« Petits » arrangements

A travers cet appel d’offres, la ville espère surtout une montée en gamme de cette plage traditionnellement populaire.

« Les baux seront désormais d’une durée de six ans, contre une seule année habituellement. Les loyers vont forcément augmenter puisqu’il y a moins d’incertitude, ils seront semblables à ce qu’il se fait ailleurs », annonce Didier Réault.

La municipalité espère amortir les 10 à 12 millions qui seront investis pour « protéger la plage et la rengraisser », ce qui permettrait à terme, de rejoindre l’anse de la Vieille Chapelle.

Des stratégies qui étonnent, au moment même ou certains élus sont épinglés pour des aménagements « douteux ». Le service de l’urbanisme de la ville vient de dresser un PV à l’adjoint au patrimoine, André Malrait, après des révélations de Marsactu sur la construction d’un garage à deux roues, qui ressemble plus à un studio, sans autorisation. Sans parler d’un terrain annexé à la villa Gaby, et revendue  à une société civile immobilière détenue, en partie, par Didier Parakian, adjoint LR au commerce. De quoi faire dire à certains Marseillais que Jean-Claude Gaudin distribue ses derniers cadeaux avant la tombée de rideau.

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