Haute-Garonne: Près de 5.500 km de routes vont passer à la vitesse inférieure

SECURITE ROUTIERE A partir de ce jeudi, les panneaux de limitation de vitesse vont être installés sur les routes départementales. Une mesure de sécurité routière dont certains élus auraient préféré une application différenciée…

Beatrice Colin

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Le changement de panneaux débute le 28 juin en Haute-Garonne.
Le changement de panneaux débute le 28 juin en Haute-Garonne. — SEBASTIEN BOZON / AFP
  • En Haute-Garonne et dans la métropole toulousaine, 5.500 kilomètres de voies vont passer de 90 à 80 km/h à partir du 1er juillet.
  • Au total, une soixantaine de panneaux vont être changés pour un montant de 14.000 euros facturés à l’Etat.
  • Les élus du département de la Haute-Garonne militent pour une application différenciée de cette mesure en fonction de la dangerosité des routes.

Il va falloir lever le pied sur une grande partie des axes routiers de la Haute-Garonne à compter de dimanche. Désormais, sur les routes à double sens sans terre-plein central, la vitesse sera limitée à 80 km/h contre 90 km/h aujourd’hui. Cette mesure, prise par le gouvernement pour réduire le nombre de tués et à l’origine de nombreuses contestations, ne sera pas forcément visible du commun des mortels, même si elle devient la règle.

Ces modifications coûteront 14.000 euros, facturés à l’Etat

Sur les quelque 5.000 km de voies départementales concernées, 40 panneaux seront changés à partir de ce jeudi, et sur les 500 km de voirie de la métropole, cela représente 20 panneaux, souvent installés à proximité des zones de contrôles radars. Au global, ces modifications coûteront 14.000 euros, facturés à l’Etat.

Les voies structurantes de l’agglomération resteront, elles, à 90 km/h, notamment le périphérique toulousain, ce qui est aussi le cas de la rocade Arc-en-Ciel depuis l’an dernier. Si une baisse de 10 km/h sur ces routes très fréquentées n’est pas pour la semaine prochaine, le préfet reconnaît qu’une réflexion est en cours sur la question sur l’ensemble des axes toujours à 90 km/h, y compris le périphérique.

« Application différenciée »

Pour « plus d’efficacité », le conseil départemental, qui entretient la majorité de ces axes, aurait préféré « une application différenciée » de la nouvelle réglementation. « Nous avons une parfaite connaissance des routes, aux profils très divers, et des points noirs. Parfois elles sont sans visibilité et sans marquage, en montagne par exemple, et là la vitesse de 90 km/h est exagérée.

Mais nous avons aussi des voies où le flux est important et les 80 km/h vont être pénalisants. Les accidents, on ne les empêchera pas. Ils sont souvent dus à l’attitude du conducteur qui dans sa voiture confortable n’a plus conscience de la vitesse », estime Christian Sans, vice-président en charge des routes. Ce dernier assure que des mesures alternatives, comme la mise en place de radars pédagogiques, ont prouvé leur efficacité. « Les maires peuvent nous solliciter pour en installer. Dans ma commune, nous en avons mis un et les riverains m’assurent que les automobilistes ont changé d’attitude », poursuit l’élu.

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