Marseille: Les plages ferment quand il pleut, «Sortez de l’eau, elle est archi polluée»

BAIGNADE A cause du ruissellement lors de forts épisodes pluvieux, plusieurs plages de Marseille ferment temporairement…

Jérémy-Nathan Baltus

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Marseille, le 5 juin 2011. Ambiance sur la plage de la Pointe-Rouge.
Marseille, le 5 juin 2011. Ambiance sur la plage de la Pointe-Rouge. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES
  • Lors de forts épisodes pluvieux, certaines plages de Marseille ferment temporairement.
  • En cause, le ruissellement des eaux de pluie qui se chargent de pollution avant d’arriver dans la mer.
  • Un « contrat de baie » a été signé entre 39 communes en 2015.

« Ils m’ont dit "sortez de l’eau, elle est archi-polluée", raconte Lucienne. Nous, les seniors, on se rend à la plage très tôt. » Alors, le 18 juin, à 8 h 30, la septuagénaire trempe déjà les pieds dans l’eau à plage de la Pointe-Rouge à Marseille (8e arr). Soudain, les secouristes qui prennent leur fonction l’interpellent. Elle doit couper court à sa baignade. Pour cause : la pollution des eaux. « C’est dramatique, il y a des bambins qui avalent de l’eau en jouant », déplore-t-elle.

Chaque année, à la suite de forts épisodes pluvieux ou orageux, Marseillais et touristes sont confrontés à la fermeture temporaire de certaines plages. Ces aléas climatiques provoquent des ruissellements qui saturent les cours d’eau. Conséquence, l’Huveaune et ses affluents sont en crue, leur limite étant dépassée. Ce phénomène naturel est source d’inondations. Hors des cours d’eau, les eaux ruissellent à travers la cité phocéenne, entraînant dans leur sillon leur lot de déchets, bactéries et autres pollutions.

« Un contrat de baie pour mieux traiter les eaux pluviales »

Ce processus est amplifié par la présence d’obstacles aux abords des zones d’écoulement et par l’imperméabilisation des sols. Sans avoir été traitées, les eaux finissent leur course dans la mer. Ainsi, cette dernière est polluée. « Nous avons mis en place un contrat de baie pour mieux traiter les eaux pluviales », renseigne Didier Réault, adjoint LR délégué à la mer. D’un montant de 265 millions d’euros échelonnés sur 6 ans, ce « contrat de baie », instauré en 2015, a vocation à améliorer le système d’assainissement des eaux. Sur 130 km de côtes, de Saint-Cyr-sur-Mer (Var) à Martigues, 39 communes, dont Marseille, sont concernées.

Financé par la Métropole Aix-Marseille Provence et l’Agence de l’eau, le contrat a pour objectif de multiplier par dix les capacités de stockage des eaux. Pour ce faire, la création de cinq bassins de rétention est envisagée. « On fait un travail de désimperméabilisation des sols, pour faire filtrer les eaux pluviales dans la terre de manière naturelle », ajoute l’élu. Cette mesure permettrait d’éviter les ruissellements à travers Marseille, car les eaux seraient filtrées en amont.

Un bilan inconnu

La ville de Marseille et la Métropole Aix-Marseille Provence avaient annoncé publier un bilan du « contrat de baie » à mi-parcours, soit en 2018. Pour l’instant, aucune trace d’un tel document sur leurs sites respectifs. Néanmoins, le 3 juillet, les deux institutions organisent une conférence de presse sur le thème du traitement des eaux de plage polluées, informe la ville de Marseille. En attendant, Lucienne espère ne plus avoir à se faire chasser de l’eau.

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