Bretagne: Des lycéens passent les maths en breton… sans autorisation

EDUCATION Ils espèrent obtenir les mêmes droits que les Basques...

Camille Allain

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Illustration d'un tableau d'école en breton. Ici à Rennes.
Illustration d'un tableau d'école en breton. Ici à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes

Personne, ou presque, ne le sait. Depuis 8h ce matin, les élèves de terminale du lycée de Carhaix (Finistère), planchent sur leur épreuve de mathématiques. Comme tous les candidats au bac, direz-vous. Oui mais à Carhaix, une quinzaine ou vingtaine d’entre eux oseront passer l’épreuve en breton. Inscrits au lycée Diwan, ils réclament de passer leur bac en breton. L'académie leur a refusé.

« Je sais qu’on risque gros. Peut-être que nos copies ne seront pas corrigées. Peut-être qu’on aura zéro. Mais on voulait le tenter », expliquait Tanguy à 20 Minutes en marge de ses révisions cette semaine.

Ce Rennais de 18 ans est inscrit en filière scientifique à Carhaix, après avoir suivi toute sa scolarité au sein de l’école bilingue. « Mon père a entendu ses parents raconter l’interdiction de parler breton à l’école. Il ne voulait pas que la langue se perde. C’était important pour lui », raconte le jeune homme.

Faire comme les Basques

Depuis, Tanguy n’a jamais quitté Diwan. Au point de devenir un fervent défenseur de sa langue. « On se rend compte que l’on peut passer 16 ans de sa vie à apprendre une langue qui n’est pas reconnue par l’État. J’ai du mal à l’accepter ». Avec ses camarades de classe, il a pris la décision de passer les maths dans sa langue de cœur. « Les Basques peuvent le faire depuis des années. Pourquoi pas nous ? ». Aujourd’hui, seule l’épreuve d’histoire-géo est autorisée en breton.

A terme, les lycéens de Diwan aimeraient passer toutes leurs matières dans leur langue. Sauf peut-être la philo. « Nos profs nous font cours en français deux mois avant le bac pour que l’on acquière le vocabulaire adéquat. La philo, on n’en fait qu’un an, ce serait trop juste », estime Tanguy.

Des soutiens attendus à Carhaix

A la sortie de leur épreuve, les lycéens de Diwan de Carhaix (le seul établissement à ce jour) devraient être accueillis par des dizaines de soutiens de la cause bretonne qu’ils ont mobilisés en marge de leurs révisions. Des artistes, des militants mais aussi des anonymes venus donner plus de poids à leur combat.