Mort d’un enfant dans un ascenseur: Un rapport pointe des défaillances techniques

ENQUETE L’ascenseur aurait connu une panne électrique six jours plus tôt...

M.C.

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Un policier devant un ordinateur - Illustration
Un policier devant un ordinateur - Illustration — 20 MINUTES/SIPA

Des défaillances techniques seraient à l’origine de la mort d’un enfant de quatre ans dans un ascenseur, le 8 juin dans un centre commercial d’Argenteuil.

Selon un rapport d’expertise cité par France 3 et Le Parisien, la cabine aurait chuté à cause d’« un flexible hydraulique qui s’est désolidarisé du raccord de la tête de vérin ». L’accident aurait été aggravé par l’absence de taquet anti-dérive, destiné à bloquer la descente de la cabine, et de parachute hydraulique, précise le rapport.

L’accident s’est déroulé un vendredi soir, à une heure d'affluence, dans le centre commercial Côté Seine. Un brusque décrochage de la cabine a eu lieu alors que l’enfant commençait à sortir de l’ascenseur, arrivé au premier étage. Il s’est retrouvé coincé et le haut de la cabine, qui poursuivait sa chute, a heurté sa tête. Il est mort sur place, sous les yeux de membres de sa famille qui se trouvaient dans la cabine, et de clients du magasin. Une information judiciaire a été ouverte « contre X pour homicide involontaire ».

« Dissimulation de preuves »

Selon les informations de France 3, l’ascenseur aurait également connu une panne électrique six jours plus tôt, d’après le carnet d’entretien de l’appareil. Les enquêteurs auraient aussi été contactés par un témoin signalant qu’une défaillance similaire avait été observée sur un ascenseur du même centre commercial en 2015. Une cabine serait à l’époque tombée, sans faire de blessé.

D’après le Parisien, l’avocat de la famille de l’enfant devait porter plainte mercredi auprès du procureur de la République de Pontoise en visant directement les sociétés d’ascenseurs ThyssenKrupp et Schindler France et le directeur du centre commercial Côté Seine. Il demande, toujours selon le journal, à ce que l’enquête soit élargie aux faits de « mise en danger de la vie d’autrui, dissimulation de preuves et modification de l’état des lieux d’un délit », alors que la direction du centre commercial aurait récupéré le dernier carnet d’entretien après le drame.

Depuis une quinzaine d’années, au moins 18 accidents mortels d’ascenseurs ont été recensés en France. Dans la plupart des cas, les victimes sont des enfants, des adolescents ou des ouvriers. L’un des derniers drames en date a eu lieu en 2015 au Val-Fourré. Dans ce quartier populaire de Mantes-la-Jolie (Yvelines), un garçon de sept ans était mort, le cou coincé par sa trottinette dans une cabine d’ascenseur de son immeuble.