Deuil, difficultés financières, travail éprouvant... Plus d'un salarié sur deux se sent en situation de «fragilité» professionnelle

PROFESSION Six dirigeants sur 10 déclarent avoir mis en place une ou plusieurs actions pour aider leurs salariés en difficulté...

20 Minutes avec AFP

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Des salariés sur le parvis de La Défense à Paris (image d'illustration).
Des salariés sur le parvis de La Défense à Paris (image d'illustration). — MIGUEL MEDINA / AFP

Difficultés financières, maladie, conditions de travail éprouvantes… Plus d’un salarié sur deux (56 %) est en situation de « fragilité » professionnelle ou personnelle. C’est une situation qui pèse sur leur engagement au travail selon quatre dirigeants sur dix, selon une étude de Malakoff Médéric publiée ce mercredi.

Les salariés sont 37 % à déclarer connaître une situation de « fragilité personnelle », à cause d’une grande difficulté financière (14 %), d'une situation d'aidant (9 %) ou d’une maladie grave ou un deuil récent (8 %).

Une proportion équivalente se déclare dans une situation de « fragilité professionnelle », en majorité à cause de conditions de travail physiques ou psychiques éprouvantes (31 %), une perte de sens et un sentiment fort de déshumanisation du travail (23 %), ou une grande difficulté à concilier vie personnelle et professionnelle (11 %).

Moins de frontières entre le travail et la vie personnelle

Toutefois, du point de vue « du salarié, mais également de l’entreprise et des partenaires sociaux, il y a de moins en moins de frontières (…) entre les fragilités dites personnelles et professionnelles », a commenté Christophe Scherrer, directeur général délégué du groupe de protection sociale.

Que 40 % des dirigeants « fassent ce lien entre situation de fragilités » et productivité de l’entreprise, « c’est beaucoup », estime Christophe Scherrer, et cela crée « un mouvement qui va dans le sens d’une prise en charge globale », se félicite-t-il.

Ainsi, 6 dirigeants sur 10 déclarent avoir mis en place une ou plusieurs actions, comme des avances sur salaire ou de frais (69 %) ou l’aménagement du temps de travail (68 %). Reste que dans la plupart des cas, les démarches engagées restent informelles, et seuls 35 % des dirigeants déclarent mener des actions de prévention (26 % des actions d’aide au retour à l’emploi).

La peur du licenciement

« L’avance sur salaire est une mesure plus souvent mise en œuvre car elle est à la seule main de l’entreprise, elle ne nécessite pas un accompagnement extérieur », explique-t-il. De plus, des freins existent toujours à cet accompagnement.

Côté salariés, la peur d'être licenciés (45 %) ou pénalisés dans leur évolution professionnelle (39 %) peut les inciter à ne pas évoquer ces problèmes. Côté employeurs, la crainte de paraître intrusif est ressentie chez 50 % des dirigeants, révèle l’étude.

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