Marseille: Dans les quartier Nord, deux fusibles causent une coupure d’électricité de 76 heures

DESARROI Une trentaine de logements de la cité le Castellas à Marseille ont été privés d’électricité pendant 76 heures, pour deux fusibles…

Adrien Max

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Illustration d'une cité des quartier Nord, ici le parc Kalliste dans le 15e arrondissement.
Illustration d'une cité des quartier Nord, ici le parc Kalliste dans le 15e arrondissement. — Boris Horvat / AFP
  • Une trentaine de logements ont été privés d’électricité pendant 76 heures ce week-end.
  • Enedis, qui gère le réseau, n’a pas pu intervenir parce que le gardien de l’immeuble n’était pas d’astreinte.
  • La mauvaise gestion de ces situations d’urgences en week-end par les bailleurs sociaux est problématique.

Pas d’électricité de vendredi 19h jusqu’à lundi, 17h. Une trentaine de logements de la cité Le Castellas, dans le 15e arrondissement de Marseille, ont été privé d’électricité pendant près de 76 heures ce week-end.

« On a tout jeté ce que nous avions au frigo ou au congélateur, pour ceux qui en ont un. Nous n’avons pas pu non plus prendre de douche parce que nous avons un cumulus », témoigne Karima encore épuisée de ces trois jours.

« Si ça n’avait duré qu’une journée encore, mais là c’était trois jours. Surtout avec cette chaleur », ajoute-t-elle. Une vieille dame âgée de 95 ans est même tombée dans les escaliers, faute de lumière. Elle a été hospitalisée.

Deux fusibles en cause

Une situation dont Enedis (anciennement Erdf), le gestionnaire du réseau électrique, a eu connaissance dès vendredi soir. « Nous n’avons pas pu envoyer d’équipe le vendredi soir, mais des techniciens se sont présentés samedi matin. Malheureusement le local d’où venait la panne était fermé à clé, et seul le gardien qui n’était pas d’astreinte avait ces clés », relate Arnaud Sabonnadiere délégué territorial chez Enedis dans les Bouches-du-Rhône.

Ce n’est que lundi, une fois Enedis prévenue de la présence du gardien, que les équipes ont pu réparer la panne. « Il s’agissait en fait de deux fusibles qui avaient sauté. La réparation nous a pris un peu de temps parce qu’il fallait isoler le réseau moyenne tension, mais tout est rentré dans l’ordre en fin d’après midi », précise Arnaud Sabonnadiere.

Indemnisations individuelles

Il a tout à fait conscience de la situation dans laquelle les habitants de ces logements ont été plongés. « Nous sommes vraiment désolés, nous allons mettre en place un dispositif d’indemnisation individuelle », annonce-t-il. La cause de la panne fait réagir Karima :

« Vous vous rendez compte que pour deux fusibles, nous n’avons pas eu d’électricité pendant trois jours et qu’une dame s’est blessée ? »

Une situation d’autant plus affligeante que personne n’a réussi à joindre Unicil, le bailleur social, de tout le week-end. « Nous n’avons aucun numéro d’appel pour les joindre. Je suis allé les voir lundi, ils m’ont dit que c’était de la faute d’EDF en compliquant les choses du coup je n’ai rien compris », relate Hakima.

Obligation d’astreinte ?

Samia Ghali, sénatrice PS du secteur, a également tenté de joindre Unicil dès qu’elle a été prévenue de la situation.

« C’est impossible de les joindre, c’est la raison pour laquelle j’ai écrit à la sous-préfète à l’égalité des chances et à Julien Denormandie, secrétaire d’Etat à la cohésion des territoires pour obliger les bailleurs a une astreinte. Un accident, ça peut arriver, mais il faut que quelqu’un soit toujours disponible pour intervenir », souhaite-t-elle.

La sénatrice est d’autant plus remontée contre Unicil, qu’il n’était déjà pas intervenu lors d’une coupure d’eau de 48 heures à la Solidarité (15e arrondissement), laissant les habitants sans eau. Enedis dit réfléchir à des solutions avec le bailleur comme la mise en place d’un numéro d’urgence ou l’installation d’une serrure commune à Enedis et au bailleur. En espérant qu’ils arrivent à joindre Unicil. Ce mardi, un écriteau indiquait sur leur porte d’entrée, « En raison d’un problème électrique, les locaux ne sont pas accessibles ce jour ».

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