Nantes: Près de 150 migrants expulsés du bâtiment Cap 44

MIGRANTS Les forces de l'ordre sont intervenues dans ce immeuble désaffecté, ce mardi après-midi...

F. B. et J. U.

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Les migrants expulsés patientent, sans solution, au pied du bâtiment Cap 44.
Les migrants expulsés patientent, sans solution, au pied du bâtiment Cap 44. — F.Brenon/20Minutes
  • Les migrants étaient installés depuis dix jours dans le bâtiment Cap 44.
  • L'immeuble de bureaux, qui appartient à Axa, se situe quartier Chantenay, en bord de Loire.

 

Ils avaient trouvé un nouveau point de chute. Près de 150 migrants ont été expulsés, ce mardi, du bâtiment Cap 44 qu'ils occupaient illégalement depuis le 10 juin dernier. Les forces de l’ordre sont arrivées vers 14h30 pour procéder à l’évacuation, qui s’est déroulée dans le calme.

Des entreprises sont ensuite intervenues pour sécuriser les portes et fenêtres du bâtiment désaffecté appartenant à l’assureur Axa. Cet immeuble de bureaux de cinq étages se situe entre la Loire et la carrière Miséry, où se déroule actuellement l’événement municipal «  Complètement Nantes ».

« Ils ne dérangeaient pas grand monde »

Les migrants, originaires pour la plupart d’Afrique de l’Est, patientent en bord de Loire, sans savoir où aller. « Ils vivaient ici dans le plus grand dénuement mais au moins ils avaient un abri, déplore un membre du collectif Soutien migrants Nantes. Le bâtiment était vide, ils ne dérangeaient pas grand monde. Mais c’est toujours pareil : on les vire et ils n’auront d’autre choix que de se trouver un autre squat. »

« On va dormir dans un parc ou devant la gare, raconte Salam Hussein, Irakien de 45 ans, qui a passé quatre nuits avec son fils de 18 ans dans le bâtiment Cap 44. On est en France depuis deux mois. On n’a plus d’argent. C’est très dur. »

Centre d’accueil surpeuplé

« Leurs situations personnelles seront examinées, dès lors qu’ils se seront fait connaître auprès de la plate-forme d’accueil des demandeurs d’asile. Le recours au squat ne peut, en effet, aboutir à accorder une priorité à ces publics, par rapport aux autres », indique la préfecture.

Cette nouvelle expulsion intervient alors que la situation des migrants inquiète de plus en plus à Nantes. Après les évacuations de l’école des beaux-arts et d’un bâtiment du campus universitaire, des migrants avaient investi l’ancienne maison de retraite Brea du centre-ville avant que l’Etat n’accepte d’en faire un centre d’accueil et d’hébergement d’urgence de 120 places. Ce dernier a vite été surpeuplé, jusqu’à abriter plus de 500 personnes. Depuis plusieurs jours, de nombreux migrants ne peuvent y entrer, leurs badges d’accès ayant été désactivés.