«Aquarius»: Comment les demandeurs d'asile souhaitant venir en France seront-ils accueillis?

HUMANITAIRE Emmanuel Macron a décidé le 12 juin « l’envoi de personnels de l’Ofpra » en Espagne pour « traiter les situations » des migrants, qui arrivent sur place…

20 Minutes avec AFP

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Le navire Aquarius dans le port de Valence, en Espagne.
Le navire Aquarius dans le port de Valence, en Espagne. — Alberto Saiz/AP/SIPA

Quel sera le sort réservé aux migrants de l'« Aquarius » après leur arrivée en Espagne ? La France s’est proposée pour accueillir une partie des migrants, une offre qui intéresse « la moitié » des 630 rescapés, et nécessitera une mission sur place sans doute dans le courant de la semaine.

Après le refus de l’Italie d’ouvrir ses ports à ces 629 migrants, la crise de l’« Aquarius » a provoqué une vive passe d’armes diplomatique entre Rome et Paris, et des voix se sont élevées jusque dans la majorité pour déplorer que le gouvernement français n’ait pas proposé d’accueillir le bateau, passé près de ses côtes.

Quand partira la mission française ? Emmanuel Macron a décidé le 12 juin « l’envoi de personnels de l’Ofpra » (Office français de protection des réfugiés et apatrides) en Espagne pour « traiter les situations » des migrants arrivant sur place.

En clair : entendre ceux qui, parmi les 630 personnes débarquées dimanche à Valence après une semaine d’errance en Méditerranée, peuvent obtenir le statut de réfugié, et souhaitent venir en France. La mission pourrait commencer « cette semaine », dit-on à l’Ofpra, pour mener les entretiens au cas par cas et « s’assurer que les personnes relèvent bien du droit d’asile ».

Avant cet examen il faut d’abord régler « la question du traitement médical, de l’accueil, remettre ces gens d’aplomb », a souligné dimanche le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. Mais « la France prendra sa part », a-t-il assuré.

Qui viendra en France ? « Quasiment la moitié des migrants ont manifesté leur volonté de demander l’asile en France », a indiqué ce lundi le gouvernement espagnol.

Cela ne veut pas dire que tous viendront, car il faut aussi remplir les conditions de l’asile - donc être victime de conflit ou redouter des persécutions. Dimanche, Benjamin Griveaux avait jugé « impossible » de déterminer, à ce stade, combien seront accueillis.

Les migrants présents sur le bateau sont de 26 nationalités, en grande majorité africains - Soudan, Nigeria, Erythrée et Soudan du Sud étant les pays les plus représentés selon le gouvernement espagnol. Pour certaines de ces nationalités, les taux de protection sont élevés en France : 73 % pour les Érythréens, 60 % pour les Soudanais…

Les mineurs isolés, au nombre de 123 sur le bateau, posent une problématique particulière, car ils relèvent des compétences des départements en France et non pas de l’État. Aussi la France n’a-t-elle jusqu’à présent jamais pris de mineurs non accompagnés lors de ce type d’opération.

Comment se déroulera la mission ? La mission « ressemblera à celles menées en Grèce et en Italie » dans le cadre du processus européen de répartition appelé « relocalisation » entre 2015 et 2017, indique Pascal Brice, directeur général de l’Ofpra. « Nous entendons les personnes de manière à faire l’instruction », cet entretien au cours duquel les personnes racontent leur parcours et exposent leurs craintes en présence, si besoin, d’un interprète.

A la différence des entretiens menés en France, les demandeurs auront eu moins le temps de se préparer. « Nous prenons en compte l’absence de récit écrit, cela suppose une adaptation de l’instruction » mais « ne le handicape pas », selon Pascal Brice.

Les personnes recevront ensuite, « à leur arrivée sur le territoire », un titre de protection ouvrant la voie à une carte de séjour. Les personnes qui arriveront par ce processus « seront hébergées dans le dispositif national d’asile », a expliqué Didier Leschi, directeur général de l’Ofii (Office français de l’immigration et de l’intégration).

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