Suicides à France Télécom: L'entreprise et l'ex-patron Didier Lombard renvoyés devant le tribunal

JUSTICE Neuf ans après les premières plaintes, les juges ont ordonné un procès pour harcèlement moral envers France Télécom et son ancien patron…

20 Minutes avec AFP

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L'ancien PDG de France Télécom Didier Lombard, en 2009
L'ancien PDG de France Télécom Didier Lombard, en 2009 — Francois Guillot AFP

Nouveau rebondissement dans l’affaire des suicides à France Télécom. Les juges d’instruction ont ordonné un procès pour « harcèlement moral » contre France Télécom et son ancien PDG Didier Lombard dans l’affaire de la vague de suicides de salariés au sein de l’entreprise à la fin des années 2000, a-t-on appris ce vendredi de source proche du dossier.

Au côté de l’ex-patron de France Télécom, devenu Orange, six autres dirigeants et cadres sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Paris, dont quatre pour « complicité » de harcèlement moral au travail, selon l’ordonnance des juges datée du 12 juin. Il s’agit de la première affaire de harcèlement moral institutionnalisé qu’aura à trancher le tribunal, neuf ans après les premières plaintes.

La procédure judiciaire avait retenu le cas de trente-neuf salariés

Frappée par une épidémie de suicides en 2008 et 2009, France Telecom a été la première entreprise du Cac 40 mise en examen pour harcèlement moral. « Incitations répétées au départ », mobilités « forcées », missions « dévalorisantes », « isolement » : dans leur ordonnance de plus de 650 pages, les juges ont retenu une longue liste de pratiques répétées qui constituent selon eux, « une politique d’entreprise visant à déstabiliser les salariés » et « à créer un climat professionnel anxiogène ».

La procédure judiciaire avait retenu le cas de trente-neuf salariés : dix-neuf se sont suicidés, douze ont tenté de le faire, et huit ont subi un épisode de dépression ou un arrêt de travail. L’affaire avait éclaté en septembre 2009 avec la première plainte​ du syndicat Sud-PTT, suivie d’autres.

Le syndicat CFE-CGC, partie civile, « se félicite de cette décision »

Dans un communiqué ce vendredi, le syndicat CFE-CGC, partie civile, « se félicite de cette décision » mais « regrette cependant que le chef d'homicide involontaire n’ait pas été retenu » par les juges.

« La responsabilité morale des sept prévenus dans la crise sociale et ses conséquences les plus tragiques, les suicides de nos collègues, est avérée », souligne le syndicat. « Il appartient désormais à la justice de se prononcer sur leur responsabilité pénale. »