Pornographie: Gynécologues et obstétriciens lancent un appel solennel pour la protection des mineurs

SANTE Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (Cngof) a interpellé ce vendredi les pouvoirs publics…

20 Minutes avec AFP

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Les jeunes sont confrontés aux images pornographiques de plus en plus tôt.
Les jeunes sont confrontés aux images pornographiques de plus en plus tôt. — pixabay

Un « appel solennel » à mieux protéger les enfants et les ados exposés de plus en plus jeunes et parfois contre leur gré la pornographie. Ce vendredi, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (Cngof) a émis un véritable cri d’alarme.

Ces professionnels de santé demandent que la loi sur la protection des mineurs soit fermement appliquée, que des campagnes d’information et de sensibilisation destinées aux enfants, aux ados et aux parents soient régulièrement faites, et que l’information sur la sexualité soit généralisée et renforcée en milieu scolaire.

« Frapper au porte-monnaie » les diffuseurs

Le Pr Israël Nisand, président du Collège, aimerait « frapper au porte-monnaie » les diffuseurs. Il propose de rendre obligatoire de donner des coordonnées de carte bancaire pour accéder aux sites X​, et d’imposer de lourdes amendes à ceux qui ne s’y plieraient pas.

Aujourd’hui, pour accéder aux sites X gratuits, un simple clic sur une case « J’ai 18 ans ou plus » suffit généralement.

Un jeune de 14 à 24 ans sur cinq (21 %) dit regarder de la pornographie au moins une fois par semaine (15 % chez les 14-17 ans), 9 % une fois par jour et 5 % plusieurs fois par jour, selon une enquête Ipsos réalisée pour le Fonds actions addictions et deux fondations (pour l’innovation politique et Gabriel-Péri).

« Rapport peu adapté à la sexualité » et « addiction »

« Cela a des conséquences sur le développement des jeunes les plus vulnérables et les moins structurés psychologiquement », avec un « rapport peu adapté à la sexualité » et une « addiction », estimait le président du Fonds actions addictions, le Dr Michel Reynaud, à l’occasion de la parution de cette enquête le 8 juin.

Les parents sous-estiment fortement la fréquence de cette consommation. Selon cette enquête, ils ne sont que 7 % à penser que leurs enfants regardent du porno une fois par semaine, alors que ceux-ci sont trois fois plus nombreux à le dire.

Les spécialistes, comme le Dr Serge Hefez, psychiatre à l’hôpital Pitié-Salpêtrière à Paris qui se joint à cet appel, estiment que la plupart des adolescents ont déjà vu des images pornographiques avant leurs 14 ans.

Mais visionner des images pornographiques n’est pas toujours voulu. Plus de 50 % des 15-17 ans disaient être déjà tombés dessus sans l’avoir cherché, dans un sondage Ifop de mars 2017.

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