«Désinvolte », « incompréhension»… Des responsables musulmans fustigent l’absence d’Edouard Philippe au repas du CFCM

POLEMIQUE Contrairement à ce qui était prévu, ni Macon, ni Philippe ne feront un discours lors du repas annuel de rupture du jeûne du ramadan organisé par  le Conseil français du culte musulman...

20 Minutes avec AFP
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Le Premier ministre Edouard Philippe, le 11 juin 2018.
Le Premier ministre Edouard Philippe, le 11 juin 2018. — CHAMUSSY/SIPA

Des responsables du Conseil français du culte musulman (CFCM), qui tient mardi soir à Paris son repas annuel de rupture du jeûne du ramadan, ont dit leur «incompréhension» après avoir appris que le Premier ministre Edouard Philippe ne s'y exprimerait pas.

C'est le ministre de l'Intérieur - chargé des relations avec les cultes -, Gérard Collomb, qui prononcera un discours lors de cet iftar, a indiqué son cabinet. Matignon a confirmé qu'Edouard Philippe ne s'exprimerait pas. Il pourrait toutefois «passer prendre le thé à la fin» brièvement à l'issue de cet événement organisé au Pavillon Dauphine (XVIe arrondissement), a indiqué de son côté le président du CFCM, Ahmet Ogras.

Macron débordé

Un an après avoir reçu à sa table le président Emmanuel Macron, premier chef de l'Etat à participer à cet iftar depuis dix ans, l'institution représentative du deuxième culte de France avait renouvelé pour 2018 son invitation auprès du président de la République. Invoquant un agenda chargé, l'Elysée avait alors précisé que le Premier ministre y représenterait le chef de l'Etat, selon le CFCM, qui s'était entendu avec Matignon sur la date du 12 juin.

Samedi dernier, le CFCM annonçait encore dans un mail à ses invités que son «iftar sera(it) honoré par la participation du Premier ministre». «Il avait confirmé sa présence. Mais nous avons été informés lundi matin qu'il ne s'exprimerait pas», a indiqué Ahmet Ogras, confiant son «incompréhension».

L'exécutif pris au piège?

Le président du CFCM fait l'hypothèse que le Premier ministre ne souhaitait pas évoquer la réorganisation de l'islam en France, chantier directement piloté par Emmanuel Macron, qui a repoussé sa prise de parole sur ce dossier épineux. «Ils croyaient le sujet facile et sont pris au piège», analyse Ahmet Ogras, qui temporise en estimant que l'absence de discours du Premier ministre «n'est pas la fin du monde».

Plus remonté, le délégué général du CFCM, Abdallah Zekri, s'est dit «blessé» et «outré» par ce «revirement» qualifié d'«attitude désinvolte». «Pourquoi offrir un iftar à la République si elle se montre méprisante à notre égard?», s'est interrogé ce responsable lié à la grande mosquée de Paris, qui fait état de plusieurs désistements d'invités et d'appels de responsables de mosquées mécontents ces dernières heures.