Baccalauréat: «Si je le décroche, j’aurai la fierté de l’avoir réussi en étant autodidacte à 49 ans»

EDUCATION Lundi, l’épreuve de philosophie donnera le coup d’envoi de la session 2018 du bac, à laquelle Mireille-Louise Akpa, s’est dûment préparée…

Delphine Bancaud

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Mireille-Louise Akpa, candidate au bac à 49 ans
Mireille-Louise Akpa, candidate au bac à 49 ans — Mireille-Louise Akpa
  • Après avoir décroché un BEP métiers secrétariat en février, Mireille-Louise Akpa a décidé de poursuivre sur sa lancée en préparant un bac ES.
  • Un défi auquel elle s’est attelée seule, sans prendre de cours du soir ou par correspondance.
  • Elle espère que ce sera une nouvelle étape dans son cursus pour pouvoir s’inscrire ensuite en BTS assistant de manager.

Trois mois pour réviser  le bac par ses propres moyens et de surcroît à 49 ans. Une mission impossible pour beaucoup, mais pas pour Mireille-Louise Akpa, qui prépare un bac ES. Cette mère de deux enfants qui habite à Aix-en-Provence a repris ses études récemment. « C’est un défi que je me lance. Mais mes enfants étant grands, je me suis dit que c’était le bon moment. Et j’ai conscience que les métiers permettant de vivre de manière décente exigent un niveau Bac + 2 », confie-t-elle. Née en Côte d’Ivoire, Mireille-Louise a dû arrêter ses études en classe de 1re et a connu plusieurs vies professionnelles : « J’ai été secrétaire, j’ai été responsable deux magasins puis j’ai aidé mon mari à gérer son entreprise », raconte-t-elle.

En février, elle a décroché un BEP métiers secrétariat et a décidé de poursuivre sur sa lancée : « la deuxième étape est de réussir mon bac ES avant de m’inscrire en BTS assistant de manager à la rentrée », explique-t-elle. Des projets plein la tête qui témoignent bien de son dynamisme et de sa détermination.

« J’ai encore un peu de mal avec les probabilités »

Pour autant, réviser toute seule n’est pas la panacée pour elle : « j’aurais bien aimé être épaulée dans mon travail, mais je n’avais plus le temps pour m’inscrire à une préparation par correspondance ou à des cours du soir », commente-t-elle. Pour optimiser son peu de temps de révisions, Mireille-Louise a adopté une méthode de travail stricte : « J’ai commencé à travailler les maths, puis l’économie, les langues… A chaque fois je révise avec des annales, en essayant toujours d’aller à l’essentiel. Je lis plusieurs fois les cours pour mémoriser les notions les plus importantes. Et ça marche car mon cerveau n’est pas resté longtemps en jachère ces dernières années ! », explique-t-elle.

Soit plus de 80 heures de travail par semaine. Pendant cette période dense des révisions, elle peut compter sur le soutien de ses enfants. « Ils m’encouragent beaucoup et me donnent de la force », confie-t-elle. Ses cours de violon lui permettent aussi de relâcher la pression.

« Je n’ai rien à perdre

Et si elle redoute un peu de passer l’épreuve de philo lundi, Mireille-Louise a déjà passé ses oraux d’anglais et d’espagnol : « Ça s’est bien passé et l’examinatrice d’espagnol a été très surprise quand je lui ai dit que je me suis initiée à cette langue toute seule ces derniers mois ». Elle appréhende aussi un peu l’écrit d’espagnol et celui de maths. « J’ai encore un peu de mal avec les probabilités », avoue-t-elle. Mireille-Louise table sur l’anglais pour gagner des points.

Loin de rougir devant les jeunes candidats, Mireille-Louise a découvert qu’elle avait un atout par rapport à eux : « je suis beaucoup moins stressée qu’eux. Mes expériences professionnelles m’ont appris à me poser et à ne pas paniquer devant l’épreuve », souligne-t-elle. Elle est aussi philosophe par rapport à ses futurs résultats : « Je n’ai rien à perdre. Si je décroche mon bac, j’aurais la fierté de l’avoir réussi en le préparant seule, à 49 ans et en étant autodidacte. Et je pourrais passer directement en BTS. Au pire, je le rate et je ferais une année préparatoire au BTS », indique-t-elle. Mais si on se réfère aux dernières statistiques de l’Education nationale, Mireille-Louise a de bonnes chances de réussir : car à la session 2016, le taux de réussite au bac des candidats de 30 ans ou plus était de 81,5 %.

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