VIDEO. Alès: Le directeur du collège catholique menacé de licenciement après avoir dénoncé un viol

JUSTICE Après avoir dénoncé un viol à la gendarmerie plutôt qu'à sa hiérarchie, le directeur d’un établissement catholique du Gard est l’objet d’une procédure de licenciement…

Jérôme Diesnis

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Un véhicule de gendarmerie. Illustration.
Un véhicule de gendarmerie. Illustration. — F. Lodi / Sipa

Plusieurs dizaines de personnes sont venues soutenir le directeur d’un collège catholique convoqué lundi par son employeur pour un entretien préalable de licenciement. Selon lui, l’Ogec, organisme de gestion de l’établissement basé à Saint-Ambroix (une commune située à une vingtaine de kilomètres d’Alès, dans le Gard), lui reprocherait d’avoir contacté la gendarmerie avant sa hiérarchie, alors qu’il venait d’apprendre le viol présumé d’un élève par deux autres élèves de l’établissement.

Dans un communiqué de presse, le directeur diocésain de l’enseignement catholique, Jérôme Martine, soutient que « ce n'est en aucun cas le fait d'avoir dénoncé un viol qui [lui] serait reproché ». Afin de justifier la procédure en cours, il explique que « la responsabilité du chef d'établissement a été engagée pour plusieurs raisons dans ce dossier, qui, s'ajoutant à des dysfonctionnements graves, ont conduit à sa mise à pied. Le rectorat a également prononcé une suspension ».

Une haie d’honneur de professeurs et anciens élèves

Le viol se serait déroulé lors d’un voyage scolaire à Malte, auquel il n’avait pas participé. Dès qu’il avait pris connaissance de cette affaire, Paul Gobillot s’était rendu à la gendarmerie en compagnie des parents de la victime. Les deux élèves ont été mis en examen pour viol en réunion et exclus du collège. Mais quelques semaines plus tard, il a été suspendu par la direction de l’établissement catholique.

Une haie d’honneur composée d’élèves, d’anciens élèves et de professeurs du collège Saint-Joseph a accompagné le directeur du collège lundi, jusqu’à son entretien qui a duré une heure et demi. Plus tôt dans le courant du mois de mai, une délégation composée de ces soutiens a rencontré l’évêque de Nîmes, Robert Wattebled.

Le directeur, âgé de 62 ans, est de nouveau convoqué mercredi pour un second entretien, à Nîmes cette fois. Un conseil d’administration doit ensuite décider de son sort.

A l’AFP, Paul Gobillot explique des différences de points de vue sur des projets pédagogiques. Il a notamment mis en place une classe de « décrocheurs, pour des jeunes en rupture, aussi bien des migrants que des locaux de nos campagnes de milieux défavorisés, qui a abouti à des résultats extraordinaires ». Une classe qui serait fermée à la rentrée prochaine par l’établissement.