Nantes: Excédés, des riverains de l'aéroport lancent leur propre campagne de mesure du bruit

NUISANCES SONORES Le collectif Coceta, constitué de riverains de l'aéroport Nantes-Atlantique, alerte sur le «problème de santé publique» que constitue l'exposition au bruit...

Julie Urbach
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Un avion à Nantes-Atlantique, en 2013
Un avion à Nantes-Atlantique, en 2013 — JS Evrard/AFP
  • Plus de cinq mois après l'abandon du projet d'aéroport, les riverains de Nantes-Atlantique ne décolèrent pas.
  • Ils lancent leur propre campagne de mesure du bruit alors que le plan de gestion sonore, vieux de dix ans, doit être prochainement révisé.
  • Selon les premiers résultats, l'intensité du bruit relevée serait à chaque fois supérieure au seuil de 45 dB fixé par l'OMS.

Boire un verre tranquillement sur sa terrasse, passer une nuit sans entendre le moindre bruit… C’est un rêve qui s’éloigne disent ces habitants. Cinq mois après l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le combat des riverains de l’aéroport Nantes-Atlantique continue. Ce lundi, le collectif d’habitants du Coceta (résidents de Saint-Aignan, Bouguenais, Rezé…) a lancé sa propre campagne de mesure des nuisances sonores.

Alors que l’Etat a promis la révision prochaine du plan de gestion sonore (qui permet d’accorder des subventions pour les travaux d’isolation phonique des habitations) vieux de dix ans, ces citoyens craignent qu’il ne reflète pas la réalité de ce qu’ils disent subir. Une cinquantaine de relevés, à l’aide d’un smartphone étalonné avec un sonomètre, ont déjà été effectués et « d’importants pics sonores » ont été mis en évidence. « Les mesures que l’on a faites concernent des habitations qui ne sont actuellement pas concernées par ce plan, indique Joël Sauvaget, porte-parole du Coceta. Et pourtant, il y a beaucoup de gêne… »

Henri Jauver, membre du Coceta
Henri Jauver, membre du Coceta - J. Urbach/ 20 Minutes

Au-dessus du seuil de 45 dB

Selon le Coceta, ces mesures effectuées dans les chambres à coucher égalent ou dépassent à chaque fois 45 dB, soit le seuil reconnu comme nocif pour le sommeil, selon l’OMS. Côté Nantes, on atteint 57 dB vers la Trocardière de Rezé, 62 à Bouguenais Les Couëts. Au sud-ouest, les relevés atteignent 61 dB. Le collectif invite les habitants volontaires à les contacter pour effectuer, à leur tour, des mesures quand les avions passent au-dessus de chez eux.

« Une population impactée par du bruit de façon chronique, cela renvoie à un problème de santé publique, insiste Henri Jauver, médecin et membre du Coceta. Cela peut causer des troubles du langage chez les enfants, des perturbations du sommeil, de l’hypertension, des maladies cardiovasculaires… »

Alors que des mesures de compensations ont été promises par le gouvernement après l’abandon du projet, ces dernières traînent à se mettre en place. En plus de la révision du plan de gêne sonore et du plan d’exposition au bruit, une consultation publique portant sur l’agrandissement et le réaménagement de l’aéroport Nantes-Atlantique doit être lancée à la rentrée 2018.