Réfugié irakien arrêté: son avocat dénonce une «injustice» et le décrit en adversaire de Daesh

TERRORISME Selon l'avocat de l'irakien mis en examen le 9 mars à Paris, son client n'a «jamais été membre ni d'Al-Qaïda ni de Daesh»...

20 Minutes avec AFP

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L'avocat du réfugié irakien soupçonné d'appartenir à l'organisation terroriste Daesh a dénoncé une ce dimanche 10 juin une
L'avocat du réfugié irakien soupçonné d'appartenir à l'organisation terroriste Daesh a dénoncé une ce dimanche 10 juin une — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

«Mon client a toujours nié les chefs d'accusation qu'on lui reproche. (...) Il a été très actif dans la lutte contre l'Etat islamique», a assuré ce dimanche l'avocat du réfugié irakien arrêté en France pour des soupçons de participation à des massacres commis par Daesh. Il a dénoncé une «injustice», affirmant que son client s'était au contraire engagé dans la lutte contre les jihadistes.

«Il n'a jamais été membre ni d'Al-Qaïda ni de Daesh» (acronyme arabe de l'EI) et encore moins administrateur de la région de Samarra pour le compte» de ce groupe terroriste, a soutenu l'avocat Mohamed El Monsaf Hamdi devant la presse, quelques jours après la révélation de cette arrestation survenue en mars.

Un membre des services de sécurité?

L'avocat a donné le nom de cet homme né le 15 avril 1984 à Samarra en Irak - Ahmed Hamdane Mahmoud Ayach El Aswadi -, le décrivant comme un «membre très important des services de sécurité nationale» de Tikrit, au nord de Bagdad, entre 2007 et 2014. Il a fait valoir son «rôle déterminant» dans «l'arrestation en 2012 et 2013 de deux principaux cadres» de Daesh de la province de Salah Eddine dont Tikrit est la capitale.

Arrivé en France à l'été 2016, l'Irakien avait obtenu l'asile politique en juin 2017 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Interpellé dans le Calvados, il a été mis en examen en mars à Paris, notamment pour «assassinats en relation avec une entreprise terroriste» et pour «crimes de guerre», et écroué. La justice le soupçonne d'avoir participé au massacre de Speicher, du nom d'une base militaire située près de Tikrit.

Le témoignage d'un codétenu

A l'époque, en juin 2014, des hommes armés avaient enlevé des centaines de jeunes recrues de l'armée, des chiites pour la plupart, qu'ils avaient exécutées un à un, tuant jusqu'à 1.700 personnes dans cette ville alors occupée par les jihadistes de Daesh.

Or, pour l'avocat, l'Irakien «avait déjà quitté Tikrit» lors du massacre. Emprisonné auparavant après avoir «fait les frais» d'une «guerre» entre services de sécurité, il a, selon lui, été par la suite désigné par un codétenu, entendu par les autorités irakiennes, comme ayant participé au massacre. «On parle de crimes sur la seule foi du témoignage» de ce codétenu «condamné à mort» en août 2017 et «exécuté», a affirmé l'avocat.

Vers une extradition?

Ahmed Hamdane Mahmoud Ayach El Aswadi avait fui de la prison le 11 juin 2014, «quelques heures avant la prise de la ville» par Daesh, a assuré l'avocat, disant s'appuyer sur des témoignages de responsables des services de sécurité nationale de Tikrit. Le lendemain, l'homme avait quitté la ville «grâce à la protection des services de sécurité kurdes à Erbil», la capitale du Kurdistan.

Resté une année à Erbil, il était ensuite parti pour la Turquie en août 2015 où il est resté deux mois avant d'arriver en Europe, passant par la Grèce, la Hongrie et l'Allemagne, selon l'avocat. Selon lui, l'Irak, qui a délivré un mandat d'arrêt international, réclame son extradition.

Devançant d'éventuelles critiques, le gouvernement a défendu vendredi l'action des services de renseignement, affirmant que l'Irakien était suivi par la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) «dès le mois suivant» l'acceptation de sa demande d'asile. Les services l'avaient identifié à l'été 2017 après avoir obtenu un renseignement.

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