Airbnb: Comment Marseille et Aix-en-Provence s'organisent face à la plateforme?

LOGEMENT La ville d’Aix-en-Provence a mis en place une plateforme sur laquelle les propriétaires ont l’obligation de s’enregistrer…

Adrien Max

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Fondé en 2008, le site Airbnb est devenu en quelques années un phénomène mondial.
Fondé en 2008, le site Airbnb est devenu en quelques années un phénomène mondial. — J.MacDougall/AFP
  • Face à la multiplication des annonces Airbnb, la ville d’Aix en Provence a décidé de prendre des mesures.
  • La première consiste en la création d’une plateforme sur laquelle les propriétaires qui proposent des locations doivent obligatoirement s’enregistrer.
  • Mais Airbnb continue de publier des annonces sans pour autant que le propriétaire ne détienne d’enregistrement officiel.
  • La ville de Marseille se concentre sur des contrôles inopinés pour s’assurer de la collecte de la taxe de séjour.

Airbnb, la contre-attaque des villes. Longtemps démunies face à la puissance et au succès croissant de Airbnb, certaines villes françaises s'organisent. C’est le cas d' Aix-en-Provence, qui vient de mettre en place une plateforme sur laquelle les propriétaires qui louent leur appartement doivent s’enregistrer. Une mesure qui vient en réponse à la place que ne cesse de prendre Airbnb dans cette ville provençale. Et à la colère des professionnels du tourisme.

Ils ont de quoi être en colère, avec plus de 4.300 annonces référencées sur la plateforme. « Et le nombre d’appartements proposés à la location ne cesse de croître d’année en année », explique la mairie. Pour atteindre aujourd’hui environ 5 % du marché selon les estimations de la ville. La plateforme, intitulée Déclaloc et lancée début mai, « permet de collecter la taxe de séjour, et de vérifier que les propriétaires ne louent pas plus de 120 nuitées par an », précise la mairie.

Plus de contrôle

Sauf que rien n’oblige Airbnb à supprimer les annonces des propriétaires qui ne se seraient pas enregistrés, même si certaines plateformes comme Booking ou LeBonCoin jouent le jeu.

Nous avons néanmoins l’espoir qu’avec la transmission des fichiers de Airbnb aux services fiscaux, le nombre d’annonces publiées diminue »

La ville réfléchit donc à un moyen d’obliger la plateforme à ne plus publier d’annonce, sans ce numéro d’enregistrement officiel. « Nous n’avons pas d’éléments sur la volonté politique en matière de contrôle », explique-t-on officiellement. Mais la question est à l’étude.

A Marseille, le phénomène est semblable, bien que moindre dans les proportions. Près de 13.000 annonces sont proposées par Airbnb, soit environ 3 % du parc de logement de Marseille. Une plateforme a aussi été créée, avec un numéro d’enregistrement, par la mairie il y a deux ans environ. Mais la stratégie de contrôle n’est pas la même.

Services fiscaux

Depuis quelques mois, nous procédons à des contrôles inopinés auprès des personnes qui proposent des appartements en location sur Airbnb. Et si nous nous apercevons que la personne n’est pas enregistrée, nous transmettons ces informations aux services fiscaux », détaille Dominique Vlasto, ajointe LR en charge du tourisme à la mairie de Marseille

Plus que de limiter le nombre de logements proposés à la location, la préoccupation première de la mairie est de collecter la taxe de séjour. « C’est un impôt dont ces personnes doivent s’acquitter, il faut qu’elles le comprennent. D’autant plus dans un contexte où les dotations de l’Etat baissent », avance l’ajointe. Las de faire la police, elle préférait consacrer son temps à développer le tourisme. Quant à des mesures plus restrictives ? « Nous étudions ces possibilités mais juridiquement on ne peut pas se mettre en porte à faux », conclut-elle. Prudence, donc.

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