Pas-de-Calais: Un enfant autiste ira au collège grâce à la mobilisation de son père

SOCIETE Le fils de Frédéric Grard, atteint d’autisme, devait se retrouver sans collège en septembre, faute de place. Une solution vient d’être trouvée…

Amélie Allegret

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Le collège Jean-Rostand, à Auchy-les-Hesdin, où sera scolarisé Frédéric.
Le collège Jean-Rostand, à Auchy-les-Hesdin, où sera scolarisé Frédéric. — Google Maps
  • Un enfant autiste de 11 ans s’est vu refuser un accompagnement dans une classe spécialiée.
  • Furieux, son père avait posté une vidéo sur Facebook, laquelle avait fait le buzz.
  • Une solution a été trouvée par le rectorat pour que l’enfant intègre une classe normale.

«Grâce à la vidéo qui a fait boule de neige, notre fils ira en 6e », explique la mère d’un jeune garçon autiste qui s’était vu refuser un accompagnement en ULIS (Unités localisées pour l’inclusion scolaire). Vendredi, Frédéric Grard a finalement obtenu une solution de la part de l’académie de Lille pour que son fils soit scolarisé à la rentrée prochaine.

Ce garçon de 11 ans devait se retrouver sans école pour la rentrée de septembre alors qu’il souhaitait intégrer un collège au Touquet, dans le Pas-de-Calais. Il n’est d’ailleurs pas un cas isolé, trois autres enfants n’ayant pas non plus eu de place dans cet établissement. En effet, selon l’hebdomadaire Les Échos du Touquet, sur six enfants, seulement deux pourront intégrer le collège.

« Je ferais tout pour mon fils »

Excédé par la situation, le père de l’enfant, avait posté une vidéo sur Facebook pour dénoncer un cas qu’il juge trop courant. « En France, seulement 20 % des enfants autistes sont scolarisés. C’est une honte », déclare-t-il dans sa vidéo, partagée par le collectif citoyen du Handicap et visionnée plus de 100.000 fois.

Sans nouvelle du rectorat et après maintes démarches, Frédéric se demandait comment trouver une école à son fils. « On fait quoi, on déménage ? S’il faut monter en haut d’une grue ou me mettre en danger, je suis prêt à tout », assurait-il dans sa vidéo.

Pour Jean-Luc Duval, le président du Collectif du Handicap, qui a épaulé Frédéric tout au long de sa mobilisation, « quand on est au sommet d’une grue, tout tombe du ciel ». « Lorsque ma femme a passé 10 heures perché sur une grue pour avoir des aides financières décentes afin d’élever mes deux fils autistes, comme par hasard, une solution a été trouvée », constate-t-il.

« Une solution trouvée »

Après être resté longtemps silencieux, le rectorat de Lille a enfin reçu Frédéric Grard et son épouse, vendredi. L’institution a proposé au couple deux options pour que leur fils autiste puisse être scolarisé en septembre.

Soit le placer en ULIS, au Touquet, mais en sureffectif. Soit lui faire intégrer une classe de 6e ordinaire, à Auchy-les-Hesdin, avec une prise en charge supplémentaire. C’est cette dernière solution qui a été choisie par les parents, lundi. Elle permet en effet à l’enfant d’être épaulé par son auxiliaire de vie, ce qui n’est pas le cas en ULIS.

La famille est soulagée, mais elle n’oublie pas l’énergie qui a été déployée afin d’être écoutée : « Nous sommes contents d’avoir obtenu des solutions. Mais il aura fallu y mettre les moyens », glisse la maman.