Grève à la SNCF: Malgré le bac, l'intersyndicale maintient la pression

MOBILISATION Deux sessions de grève tombent sur des jours d’examen, du 17 au 18, puis du 22 au 23 juin...

20 Minutes avec AFP

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Les syndicats de la SNCF avaient rendez-vous avec l'exécutif pour une première réunion de concertation
Les syndicats de la SNCF avaient rendez-vous avec l'exécutif pour une première réunion de concertation — M.ASTAR/SIPA

Bac ou pas bac, l’intersyndicale de la SNCF ne plie pas. Les syndicats ont réaffirmé jeudi leur unité et maintenu le calendrier de grève contre la réforme ferroviaire et exigé du gouvernement qu’il « prenne ses responsabilités », a indiqué à la presse Thierry Nier, secrétaire général adjoint de la CGT-Cheminots. Et ce malgré le début de l’épreuve prévue le lundi 18 juin.

Deux sessions de grève tombent sur des jours d’examen, du 17 au 18 juin, puis du 22 au 23.

« On maintient la pression, le mouvement continue dans l’unité syndicale », avec « un calendrier qui ne bougera pas », et « le gouvernement doit prendre ses responsabilités » car « il a un rôle central à jouer », a dit Thierry Nier, à l’issue d’une réunion de l’intersyndicale CGT, Unsa, SUD et CFDT de la SNCF.

Le changement de calendrier non retenu

Le gouvernement doit « jouer un rôle important dans les discussions, voire négociations qu’on espère voir apparaître », dans un cadre « tripartite » réunissant l’exécutif avec le patronat et les syndicats de la branche ferroviaire, a-t-il ajouté.

Proposé par l’Unsa, le changement de calendrier pour faciliter les déplacements des candidats au bac n’a pas été retenu. Le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, « s’est chargé d’annoncer que le plan de transport sera suffisant et adapté pour permettre aux étudiants d’aller passer le bac », a rappelé Thierry Nier. « L’entreprise prend ses responsabilités et nous, on garde le même calendrier », a-t-il ajouté.

L’Unsa ferroviaire « reste dans l’unité syndicale » et « participe à l’action du 12 » juin (la « Journée de la colère cheminote ») pour « peser sur les rendez-vous » à venir, a souligné son secrétaire général Roger Dillenseger, notamment la commission mixte paritaire lundi qui doit fixer le texte final du projet de loi de la réforme ferroviaire. « La force de l’unité syndicale aujourd’hui a priorisé le maintien du calendrier » lors des épreuves du bac, a-t-il expliqué. « Le front syndical reste uni » et « le travail fait depuis le 22 mars (premier jour de mobilisation contre la réforme) doit être mené jusqu’au bout », a-t-il insisté.

Laurent Berger ne « souhaite pas qu’il y ait de grève »

Pour la « nouvelle journée de mobilisation » spéciale mardi, après la « journée sans cheminots » du 14 mai qui avait vu rebondir le taux de grévistes, l’intersyndicale « appelle à une grosse mobilisation par la grève », avec des « initiatives sur le territoire », a indiqué Thierry Nier.

Jeudi, 27e jour de grève depuis le lancement début avril du mouvement par épisode, le taux de grévistes s’élevait à 14,28 %, un chiffre très légèrement inférieur à celui du 29 mai (14,41 %), précédent jour de grève en semaine.

Laurent Berger, numéro un de la CFDT, a dit ce vendredi ne pas « souhaiter » qu’il y ait grève de la SNCF au moment des épreuves. Interrogé vendredi lors d’un point presse en marge du Congrès de la confédération à Rennes sur une éventuelle grève SNCF au moment du bac, le secrétaire général a répondu : « Je ne le souhaite pas ».

L’idée que les bacheliers ne puissent pas se rendre aux épreuves du bac « n’est franchement pas une option qui est la nôtre », a ajouté Laurent Berger.

« Il exprime un souhait. Nous attendons du gouvernement et du patronat des engagements », a réagi vendredi Rémi Aufrère-Privel, secrétaire général adjoint de la CFDT Cheminots, auprès de l’AFP.

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