VIDEO. Marseille: SOS Méditerranée lance «l'appel du 8 juin», vital pour sauver des vies

MIGRANTS L'association SOS Méditerranée lance, pour la deuxième année consécutive, l'appel au 8 juin pour trouver des dons...   

Adrien Max

— 

Des migrants en détresse attendent d'être secourus par l'Aquarius, le bâteau d'SOS Méditerranée (au fond).
Des migrants en détresse attendent d'être secourus par l'Aquarius, le bâteau d'SOS Méditerranée (au fond). — Patrick Bar/AP/SIPA
  • L’association SOS Méditerranée lance l’appel du 8 juin ce vendredi au Mucem.
  • Cette association, qui vient en aide aux migrants lors de leur traversée de la Méditerranée, se finance quasi exclusivement de dons privés.
  • Depuis la première campagne de sauvetage en février 2016, près de 30.000 personnes ont été secourues.

SOS Méditerranée lance pour la deuxième année de suite l’appel du 8 juin, ce vendredi au Mucem à Marseille. Comme un retour aux sources, l’association avait lancé sa toute première campagne de financement participatif dans ce lieu en septembre 2015, afin d’aller porter secours aux migrants au large de la Libye.

Depuis le départ de la première campagne de sauvetage à bord de l’Aquarius, en février 2016, SOS Méditerranée a sauvé de la mort près de 30.000 migrants, et comptabilise désormais six naissances à son bord. « Nous nous positionnons sur l’axe migratoire le plus mortel de la mer Méditerranée, entre la Libye et l’Italie », explique Sophie Beau, cofondatrice et directrice générale de SOS Méditerranée.

11.000 euros par jour

Une mission financée à 93 % de dons privés, récoltés notamment lors de cet appel du 8 juin.

« Nous avons également reçu quelques réserves parlementaires mais elles vont disparaître. Le coût de notre déploiement se chiffre à environ 11.000 euros par jour, soit près de 4 millions par an. Nous sommes loin d’avoir couvert le budget de cette année, ces appels aux dons sont donc vitaux », précise la directrice.

Outre l’appel aux dons, la deuxième raison d’exister d’SOS Méditerranée est de témoigner, d’expliquer. « Cette mission est d’ailleurs inscrite dans notre raison sociale. De par notre expérience, ce que nous voyons, nous devons continuer de témoigner sur cette tragédie. D’autant plus qu’après en avoir beaucoup parlé, les médias en parlent de moins en moins alors que la situation est toujours très préoccupante », rappelle Sophie Beau.

« Aucun sauvetage ne se passe de la même manière »

Une situation dont peut témoigner Jean Passot, marin sauveteur bénévole qui a déjà embarqué sur trois campagnes à bord de l’Aquarius.

« C’est très fluctuant, les traversées dépendent beaucoup de la météo et de la situation à terre en Libye. S’il y a des combats sur un territoire cela peut stopper les départs ou au contraire les accélérer. Mais aucun sauvetage ne se passe de la même manière et il faut être solide mentalement », témoigne le marin.

Il a d’ailleurs décidé de faire une pause après avoir vu des choses « très difficiles ».

L’association pourra continuer à s’appuyer sur les 250 bénévoles qu’elle compte pour poursuivre cette action humanitaire. Une action qui n’est plus du tout assurée par les Etats, alors que 55 personnes ont été retrouvées noyées au large de la Tunisie le week-end dernier. « Il n’y a plus de flotte institutionnelle depuis 2014 et la fin de la Mare Nostrum Italienne, sous la pression des autres Etats. Depuis cette même date, plus de 15.000 personnes sont mortes, sans compter les bateaux qui ont disparu », rappelle Sophie Beau. Cette soirée sera donc aussi l’occasion de rappeler au monde politique que des citoyens « n’acceptent pas de voir des gens se noyer sans leur tendre la main ».

>> A lire aussi : Deux pilotes français s'envolent pour secourir les migrants en Méditerranée

>> A lire aussi : Mercy, Sophia, Newman... Les bébés de l'espoir nés en Méditerranée