Lactalis: Le patron de l'entreprise doit s'expliquer face aux parlementaires

LAIT CONTAMINE L’an dernier, 36 nourrissons ont été atteints de salmonellose après avoir bu un lait infantile Lactalis, produit dans l’usine de Craon en Mayenne…

20 Minutes avec AFP

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L'entreprise Lactalis à Laval (image d'illustration).
L'entreprise Lactalis à Laval (image d'illustration). — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Après s’être longtemps fait désirer, le très discret PDG de Lactalis, Emmanuel Besnier, doit s’expliquer ce jeudi devant une commission d’enquête parlementaire sur sa gestion de l’affaire de lait infantile contaminé aux salmonelles fin 2017.

L’an dernier, 36 nourrissons ont été atteints de salmonellose après avoir bu un lait infantile des marques Picot et Milumel, produit dans son usine de Craon en Mayenne. Les causes de la maladie de deux autres nourrissons sont encore recherchées. Le processus de retrait qui a suivi cette annonce s’est révélé chaotique et la révélation de nombreux dysfonctionnements ayant mené à la contamination a donné lieu à l’ouverture d’une enquête judiciaire. Elle a aussi convaincu les députés de créer une commission d’enquête parlementaire.

« Je vous confirme qu’Emmanuel Besnier se rendra bien le jeudi 7 juin à l’Assemblée nationale », pour être entendu par cette commission, a indiqué son directeur de la communication Michel Nalet. Une confirmation salutaire. Il faut dire qu’Emmanuel Besnier a montré beaucoup de réticence à venir devant les parlementaires.

Mauvaise publicité

Il avait refusé de se rendre devant la commission des affaires économiques du Sénat en janvier. Les avocats de Lactalis ont ensuite tenté fin avril d’obtenir l’interruption des travaux de la commission d’enquête parlementaire jusqu’à l’issue des procédures pénales, assurant que cette commission « empiétait sur la procédure judiciaire en cours ».

Ce changement de stratégie tardif laisse penser que l’entreprise s’est rendu compte de la mauvaise publicité que causait cette culture du secret. « Cet aspect de discrétion nous a fortement pénalisé, c’est pour ça que depuis cette crise on a aussi changé, notre groupe doit évoluer vers un peu plus de communication », déclarait ainsi Emmanuel Besnier mardi sur RTL, lors de sa troisième interview depuis le début de l’affaire, après un entretien aux Echos et un autre au JDD.

« Renouveler toutes nos excuses »

Pour le PDG, accusé par l’association des victimes de les traiter avec mépris, « l’essentiel est de renouveler toutes nos excuses pour ce qu’il s’est passé, et faire comprendre qu’on a tiré tous les enseignements de cette crise, et qu’on a pris les mesures adéquates pour que ça ne puisse plus se reproduire ».

Le site de Craon a redémarré discrètement fin mai, par des tests, avec l’objectif de reprendre la production « d’ici quelques semaines, dès cet été », selon Emmanuel Besnier. L’association Foodwatch a dénoncé « la précipitation dans la relance de la production de poudres de lait dans l’usine de Craon », alors que « l’enquête judiciaire préliminaire n’est pas terminée et que nous attendons toujours la nomination d’un ou d’une juge d’instruction ». La décision de redémarrer l’usine a aussi « offusqué » l’association des familles de victimes.

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