Toulouse: Une enseignante frappée par un élève dans une école primaire, les syndicats réclament plus de moyens

SOCIETE Suite à la nouvelle agression d’une enseignante par un élève mardi, les syndicats de l’enseignement demandent plus de moyens et appellent à la grève lundi…

J.R.

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Illustration d'une école primaire.
Illustration d'une école primaire. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • Deux mois après l’agression d’une professeure à Colomiers, c’est une enseignante de Toulouse qui a su des coups de la part d’un élève mardi.
  • Les syndicats d’enseignants tirent la sonnette d’alarme et réclament plus de moyens humains et financiers.
  • Pour se faire entendre, ils appellent à la grève lundi.

C’est une nouvelle agression qui fait bondir les syndicats d’enseignants. Mardi, une enseignante de l’école primaire Jean Alphand de Toulouse a reçu des coups de pied et des coups de poing de la part d’un de ses élèves. Un incident qui intervient deux mois après l’agression d’une enseignante de l’école Jules-Ferry de Colomiers, qui avait subi des coups de la part de plusieurs élèves qu’elle tentait de séparer.

Pour le Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC (SNUipp) de Haute-Garonne, ces agressions qui se répètent sont « symptomatiques de la dégradation de la situation dans les écoles du département ». Pour se faire entendre, le SNUipp-FSU 31, la CGT Educ’action, le Sgen et Sud Education appellent lundi à une manifestation place Saint-Etienne à 13 heures pour revendiquer des moyens supplémentaires pour l’école publique.

Les effectifs explosent

« Les effectifs par classe sont trop lourds, c’est difficile pour les enseignants et les élèves, souligne Jean-Philippe Gader, co-secrétaire départemental du SNUipp-FSU 31. Nous réclamons notamment le retour des Rased, ces équipes spécialisées qui prenaient en charge les élèves en difficulté ou aux besoins éducatifs particuliers ».

Depuis plusieurs années, le département enregistre une forte hausse des élèves du premier degré : les syndicats évaluent à 2.000 le nombre d’élèves en plus à chaque rentrée depuis 2011. Pour faire face à cette affluence dans les classes, ils estiment qu’il faudrait 5 postes de psychologues scolaires supplémentaires sur la Haute-Garonne.

Des moyens insuffisants

« La complexité ajoute à la complexité car près de 1.000 élèves relevant d’établissements spécialisés sont dans des écoles ordinaires faute de place, assure le syndicaliste. Cette agression à l’école Alphand n’est pas un hasard puisque la douzaine d’écoles du nord toulousain rencontre les mêmes difficultés. Contrairement au Mirail qui est en zone réseau d’éducation prioritaire [REP] où on met des moyens pour encadrer ces élèves, rien n’est fait pour cette zone en souffrance. »

Les syndicats pointent aussi la mesure de dédoublement des CP et CE1 en REP qui n’est pas financée et ponctionne les moyens nécessaires au fonctionnement des écoles publiques. « On nous promet l’ouverture de 130 postes à la prochaine rentrée mais si 50 postes vont déjà à cette mesure, c’est au détriment du besoin général », conclut Jean-Philippe Gadier.

Sollicité, le Rectorat n’a pas pu être joint vendredi.

Pour se faire entendre, les syndicats appellent les enseignants des écoles à se mettre en grève lundi.