Bretagne: Les opposants à l'écotaxe s'inquiètent de voir leur ennemi se réveiller

TRANSPORTS Un rapport remis au gouvernement suggère un retour d'une taxe poids lourd...

Camille Allain

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Un camion passe sous un portique "écotaxe" à Plélan-le-Grand, sur la voie rapide entre Rennes et Lorient, le 4 novembre 2013
Un camion passe sous un portique "écotaxe" à Plélan-le-Grand, sur la voie rapide entre Rennes et Lorient, le 4 novembre 2013 — Damien Meyer AFP
  • Une collectif d'opposants bretons à l'écotaxe s'inquiète de voir cette taxe sur les poids lourd refaire surface.
  • Abandonné en 2014, cet impôt sur les poids lourd devait financer les projets d'infrastructures de transport.
  • Plusieurs portiques avaient été dégradés, notamment en Bretagne, où était né le collectif des Bonnets Rouges. 
  • Un rapport remis au gouvernement émet des propositions de taxation des transporteurs. 

Le dossier de l’écotaxe avait mis la Bretagne à feu. Abandonnée en 2014 par le gouvernement Valls, la mesure serait-elle sur le retour ? C’est ce que craignent les représentants du collectif contre l’écotaxe, qui ont réuni la presse ce vendredi à Rennes pour faire part de leur « vigilance ».

« Nous avons lu le rapport de Philippe Duron remis au gouvernement. Il y est question d’un projet d’écotaxe qui ne dit pas son nom. Ses promoteurs sont toujours là et ils espèrent bien convaincre le gouvernement », regrette Joël Chéritel, président du Medef Bretagne et du collectif d’opposants, fondé en 2008.

« On la paye déjà »

L’écotaxe ou taxe poids lourd visait à faire payer les camions circulant sur les routes nationales françaises à l’aide de portique. Censé générer 1,5 milliard d’euros de recettes, le dispositif coûtait très cher à l’exploitation et aurait permis de dégager 800 millions d’euros pour financer les grands projets de transports. « Elle a été abandonnée mais on la paye avec la nouvelle taxe sur le gazole », déplore François Baudoin.

Le président de la fédération régionale des transporteurs routiers est catégorique. « Il n’est pas question de négocier quoi que ce soit. Toute nouvelle taxe pénaliserait nos entreprises et mettrait en danger leur compétitivité ». Tous s’accordent pour dire que la Bretagne « garde sa périphéricité » et qu’elle souffrirait grandement en cas d’instauration d’une taxe poids lourd.

Le souvenir du mouvement des Bonnets Rouges

Le gouvernement Valls avait préféré abandonner le dispositif imaginé par l’entourage de François Fillon lorsque Nicolas Sarkozy était président. En Bretagne comme ailleurs, de nombreux portiques avaient été dégradés lors de manifestations. L’écotaxe avait mené à la création du mouvement des Bonnets Rouges, aujourd’hui en sommeil​.