Hauts-de-France: La région s'engage contre la récidive et la radicalisation

SECURITE Quelques initiatives locales de prévention de la récidive pourraient faire tache d’huile au niveau national…

Mikael Libert

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L'allégorie de la justice de l'Hospice Comtesse, à Lille.
L'allégorie de la justice de l'Hospice Comtesse, à Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • La maison de réinsertion judiciaire de Xavier Bertrand plaît à la garde des Sceaux.
  • Les maires pourraient avoir un accès indirect aux fiches « S ».
  • Le programme de déradicalisation RIVE sera implanté à Lille.

La justice, un pouvoir plus si régalien que ça. Ce jeudi, en amont d’un colloque sur la prévention de la récidive et de la radicalisation, Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, a fait briller les yeux de la garde des Sceaux, Nicole Belloubet. Certaines initiatives locales ont en effet intéressé la ministre qui souhaite, pour ces deux problématiques, renforcer le partenariat entre l’Etat et les collectivités territoriales.

La récidive, c’est « un sujet qui concerne l’ensemble de la société », a affirmé Xavier Bertrand. Sans vouloir trop marcher sur les plates-bandes de l’Etat, il a réaffirmé qu’en matière de justice, sanctions et répression étaient indissociables de la prévention. C’est d’ailleurs sur ce point que le président des Hauts-de-France se positionne, prenant exemple avec ce qui se fait à Saint-Quentin : « Depuis la mise en place de l’accompagnement individuel renforcé [AIR], en 2015, 78 personnes ont été suivies et neuf seulement ont récidivé », affirme-t-il.

Une maison de réinsertion judiciaire

Cet accompagnement, basé sur la santé, le logement et l’emploi, l’Etat n’y met pas une bille. L’autre idée que Xavier Bertrand a en tête, c’est d’expérimenter une « maison de transition ». « Une dizaine d’anciens détenus, hors radicalisés et délinquants sexuels, seront accueillis et suivis, notamment par des travailleurs sociaux », explique-t-il. Mais là encore, l’Etat ne mettra pas forcément la main à la poche. « On peut imaginer un rapport de 70-30 », glisse Xavier Bertrand. Et à ce prix, la garde des Sceaux juge « le projet très intéressant ».

Dans le projet de loi que la ministre de la Justice va bientôt présenter, les personnes condamnées à des peines de moins de six mois n’iront, sauf exception, pas en prison. La sentence sera, par exemple, une surveillance électronique ou du travail d’intérêt général (TIG). « Les collectivités doivent contribuer à ces peines alternatives en trouvant des possibilités aux personnes condamnées », a lancé la ministre, visant notamment les TIG pour lesquels elle demande de « l’implication ».

Accès des maires aux fiches « S »

En somme, aucune annonce retentissante, hormis peut-être celle de l’implantation du programme RIVE (recherches et d’intervention sur les violences extrémistes) à Lille. La garde des Sceaux à aussi évoqué l’accès des maires aux fiches « S ». « Il faut avant tout protéger les libertés de tous et trouver un équilibre. Néanmoins, il n’est pas impensable de travailler sur un accès indirect des maires à ces renseignements », a-t-elle déclaré.