Bretagne: Les familles des victimes du Bugaled Breizh jettent l'éponge

JUSTICE Une dernière procédure est toujours en cours au Royaume-Uni…

C.A. avec AFP

— 

Le Bugaled Breizh, ici en juillet 2004 lors de son retour en France après son renflouage en Angleterre.
Le Bugaled Breizh, ici en juillet 2004 lors de son retour en France après son renflouage en Angleterre. — MAISONNEUVE / SIPA

Cela fait presque quinze ans que le Bugaled Breizh a sombré au large de l'Angleterre​. En quelques secondes, le chalutier avait emporté avec lui ses cinq marins ce 15 janvier 2004. Si rapidement que beaucoup pensent que c'est un sous-marin qui a coulé le bateau de pêche du Guilvinec (Finistère) au fond de la Manche. Mais après quinze de combats et de désillusions, les familles des victimes viennent de jeter l’éponge, a révélé Ouest-France.

Mercredi, elles ont annoncé qu’elles se retiraient de la procédure actuellement menée en Angleterre. Le dernier espoir après que la justice française a définitivement classé le dossier en 2016. « La Royal Navy a obtenu, tout en disant qu’elle n’y était pour rien, que l’étendue des pouvoirs des juges soit infiniment diminuée », a expliqué Me Dominique Tricaud, avocat de Thierry Le Métayer et de sa sœur, dont le père était mécanicien à bord du Bugaled.

La procédure « patine un peu en ce moment »

« La décision que nous pouvons attendre du juge de Truro est sans grand intérêt, c’est la raison pour laquelle nous allons lâcher la procédure anglaise. » Les familles des autres marins n’étaient pas intervenues dans la procédure. Les proches espéraient que des témoignages inédits seraient versés à l’enquête anglaise et pourraient ainsi servir à rouvrir une procédure en France.

Seul l’armateur du bateau, qui n’était pas à bord, souhaite rester dans la procédure. « Malheureusement, elle patine un peu en ce moment », a estimé Benoît Drouan, avocat de l'armateur du chalutier, Michel Douce. « On pensait que la coroner [la magistrate anglaise chargée de l’affaire] allait pouvoir faire lever le secret sur les opérations qui étaient en cours ce jour-là, mais la Royal Navy a tout bouclé juridiquement. On va aller jusqu’au bout, dans ce dossier », a-t-il assuré.

L’épave du chalutier, entreposée au port militaire de Brest, doit être vendue ou détruite à compter de septembre, selon un récent courrier du parquet général de Rennes. Les autorités britanniques ont été informées du fait qu’elles pouvaient la récupérer, jusqu’au 1er septembre et à leurs frais, pour les besoins de leur enquête.