Yves de Daruvar, dernier compagnon de la Libération de la 2e DB, est décédé à 97 ans

DISPARITION Yves de Daruvar a combattu pendant cinq ans pour la libération de la France sous sa nationalité hongroise...

20 Minutes avec agences

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Yves de Daruvar (à gauche), est décédé lundi 28 mai 2018 à l'âge de 97 ans.
Yves de Daruvar (à gauche), est décédé lundi 28 mai 2018 à l'âge de 97 ans. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

C’était le dernier compagnon de la Libération ayant servi au sein de la 2e Division blindée du général Leclerc. Yves de Daruvar est décédé lundi 28 mai à 97 ans, a annoncé l’Elysée. Dans un communiqué, Emmanuel Macron a exprimé « à nouveau la gratitude de la Nation pour ses actes d’héroïsme ».

Sa disparition porte à cinq le nombre de compagnons de la Libération encore en vie sur les 1.038 qui s’étaient engagés au sein de la France libre pendant l’Occupation allemande.

Engagé dans les Forces françaises libres

Issu d’une vieille famille de la noblesse hongroise, Yves de Daruvar est né le 31 mars 1921 à Istanbul (Turquie). Émigré en France avec sa famille, il prépare le concours de l’École coloniale lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate en septembre 1939. Refusant la défaite et l’armistice, il rejoint clandestinement l’Angleterre et s’engage dans les Forces françaises libres à Londres le 1er juillet 1940.

Affecté à la 1re Compagnie de découverte et de combat du Régiment de Tirailleurs sénégalais du Tchad, il participe à la première campagne du Fezzan (février-mars 1942) sous les ordres du général Leclerc. Il prend part aux campagnes de Tripolitaine et de Tunisie en 1943 où il est blessé deux fois.

Grièvement blessé en septembre 1944

Il rejoint ensuite le Régiment de marche du Tchad et part pour l’Angleterre avec l’ensemble de la 2e DB. Il débarque en Normandie début août 1944, où il prend le commandement d’une section. Après la libération de Paris, il est de nouveau grièvement blessé le 17 septembre 1944 à Châtel-sur-Moselle.

Naturalisé français en novembre 1944, le lieutenant Yves de Daruvar reprend ses études à l’École coloniale d’où il sort major. Sa carrière le conduit ensuite dans plusieurs pays africains avant d’être Haut-commissaire de la République aux Comores de juillet 1962 à janvier 1963. Il termine sa carrière au Commissariat à l’Énergie atomique. Yves de Daruvar était également Grand-Croix de la Légion d’honneur.

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