Trois questions pour comprendre la future interdiction du portable à l’école

EDUCATION L'interdiction doit rentrer en application à la rentrée de septembre...

20 Minutes avec AFP

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Jeune femme envoyant un sms avec un téléphone portable. Illustration.
Jeune femme envoyant un sms avec un téléphone portable. Illustration. — POUZET/SIPA

C’était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. Et elle verra le jour dès la rentrée de septembre. Le texte de loi sur l’interdiction du téléphone portable à l’école et au collège, est examiné mardi en commission par les députés. 20 Minutes vous présente les enjeux de cette réforme.

Que prévoit le texte ?

L’article unique de cette proposition de loi précise que « l’utilisation d’un téléphone mobile par un élève est interdite dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges », « à l’exception des lieux » ou « des conditions » autorisés « expressément » par le règlement intérieur. SelonPhilippe Vincent, le nouveau secrétaire général du SNPDEN, principal syndicat des chefs d’établissement, les téléphones portables représentent « une part non négligeable » des perturbations en cours : sonneries, buzz lors de notifications, élève tapant des SMS ou consultant des sites alors qu’il est en classe. Ces dérangements se produisent surtout au collège. Au-delà du seul cadre scolaire, dans un « message de santé publique qui concerne les familles », le ministre de l'Education soulignait en décembre qu’il est « bon » que les enfants « ne soient pas devant trop, voire pas du tout, devant les écrans avant l’âge de sept ans ».

Concrètement, comment ça va se passer ?

Environ la moitié des collèges ont déjà inscrit dans leur règlement l’interdiction du portable en classe voire dans la totalité ou une partie de la cour de récréation, affirme Philippe Vincent. La loi « contraindra l’ensemble des collèges à se positionner là-dessus et servira de point d’appui pour réduire » les perturbations causées par les portables, ajoute le représentant. Les sanctions prononcées par les établissements sont généralement la confiscation de l’objet avec restitution aux parents qui doivent se rendre au collège, heures de retenue… L’article discuté en commission respecte l’autonomie des établissements, selon le SNPDEN, puisque ce sera à chacun d’entre eux de décider des modalités d’interdiction (lieux, conditions).

« Il y aura une liberté laissée aux établissements quant aux modalités choisies », a récemment expliqué Jean-Michel Blanquer. « A minima tous les établissements demanderont à ce que le portable soit enfermé dans un cartable et sorti uniquement en cas d’urgence ou d’usage pédagogique justifié. A maxima ils interdiront le fait de l’emmener à l’école », a-t-il ajouté. La création de « casiers » est une possibilité mais ce ne sera « pas une mesure générale et uniforme ».

La Peep, une des deux grandes fédérations de parents d’élèves dans les établissements scolaires publics, a avoué la semaine dernière son scepticisme sur cette interdiction. « Nous ne pensons pas que les conditions soient réunies », expliquait en septembre, son président Gérard Pommier qui pointait des problèmes de locaux et de personnel. « Imaginons un collège de 600 élèves. Ils mettent tous leur téléphone dans une boîte ? Comment fait-on pour les stocker ? Et pour les restituer à leur propriétaire » à la fin des cours ?

Une interdiction à la portée limitée ?

Selon Philippe Vincent, le harcèlement via les réseaux sociaux, et donc à l’aide des smartphones, « ne sera pas résolu par l’interdiction du portable à l’école », puisque ce harcèlement s’effectue aussi en dehors de la journée de classe.

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