Promotion du livre de Marlène Schiappa: Anticor saisit le Premier ministre et la Cnil

DEDICACE A l'occasion de la sortie d'un livre «personnel» de Marlène Schiappa, les journalistes ont été invités à une séance de dédicace par son ministère...

L.Br.

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Marlène Schiappa, le 21 mars 2018 sur les marches du palais de l'Elysée.
Marlène Schiappa, le 21 mars 2018 sur les marches du palais de l'Elysée. — VILLARD/SIPA

L'association Anticor a annoncé dimanche avoir saisi la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) et le cabinet du Premier ministre, après la promotion du livre de Marlène Schiappa.

L’invitation date du 22 mai. Le secrétariat d’Etat à l’Egalité femmes-hommes a envoyé un mail à tous les contacts de journalistes du ministère, pour les convier à une séance de dédicaces de Marlène Schiappa.

Cet événement était organisé à l’occasion de la sortie du livre de la secrétaire d’Etat, intitulé Si souvent éloignée de vous, qui compile des lettres écrites à ses deux filles. Ce message qui tranche avec les habitudes des cabinets, qui font rarement la promotion du livre de leurs ministres, rappelle Le Parisien.

« Les dispositions qui s’imposent »

Pourtant, selon l’association anticorruption, il est précisé dans cet ouvrage que « ce livre n’est ni une communication gouvernementale ni un bilan d’action politique, mais un récit purement personnel, partiel et parfois romancé. Les propos tenus ici n’engagent que leur auteure. »

Anticor a décidé de saisir les autorités compétentes en la matière, à savoir le Premier ministre et la présidente de la Cnil, Isabelle Falque-Pierrotin.

« Dans ces conditions, il est évident qu’il revient à l’autorité hiérarchique du fautif de faire respecter les obligations qu’elle contient. Nous vous demandons donc de prendre les dispositions qui s’imposent », écrit l’organisation à Edouard Philippe dans une lettre publiée sur leur site.

« Une maladresse », reconnaît le cabinet

Une demande identique est adressée à la présidente de la Cnil, rappelant au passage que l’infraction est punie de « cinq ans d’emprisonnement et de 300.000 euros d’amende ».

« Le transfert de cette invitation à nos contacts presse était une maladresse de notre part », reconnaît son cabinet, contacté par 20 Minutes ce lundi. « Il s’agissait de porter à la connaissance des contacts presse qui suivent l’actualité de Marlène Schiappa cet événement, car chacun de ses événements publics suscite beaucoup de sollicitations ».

« Hormis ce simple courrier, qui n’était pas un communiqué du secrétariat, insiste-t-on, aucun moyen de l’Etat n’a été engagé pour promouvoir ce livre, aucune donnée. L’événement était organisé par la maison d’édition de Marlène Schiappa et la librairie, pas par nous », a assuré le cabinet.

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