VIDEO. Montpellier: Selon un rapport, le doyen de la fac de droit ne pouvait pas ignorer l’intrusion du commando cagoulé

ENSEIGNEMENT Selon un rapport d’enquête administrative, la responsabilité du doyen de la fac de droit et d’un professeur est engagée. Une sanction disciplinaire à leur encontre a été demandée…

Jérôme Diesnis
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Des étudiants manifestant début avril devant la fac de droit à Montpellier
Des étudiants manifestant début avril devant la fac de droit à Montpellier — Franck Lodi / Sipa
  • En pleine crise contre la réforme de l’enseignement supérieur, un commando cagoulé s’en était pris à des personnes occupant un amphithéâtre de la fac de droit de Montpellier, le 22 mars.
  • Selon un rapport administratif que s’est procuré le JDD, la responsabilité du doyen de la fac de droit et d’un professeur est engagée.
  • Les auteurs du rapport préconisent l’ouverture d’une procédure disciplinaire à l’encontre des deux hommes.

Un rapport d’enquête administrative recommande une procédure disciplinaire à l’encontre du doyen de la faculté de droit de Montpellier. Le 22 mars, vers 23 h 30, un commando composé d’hommes cagoulés s’était introduit dans un amphithéâtre occupé par des manifestants opposés à la réforme universitaire de la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal.

L’agression de ce groupuscule avait été filmée par des personnes présentes dans l’enceinte. La vidéo avait provoqué une profonde indignation. Neuf personnes s’étaient plaintes d’avoir été blessées légèrement. Le doyen, ainsi qu’un professeur, Jean-Luc Coronel, avaient été suspendus par la ministre. Le doyen Philippe Pétel avait démissionné de ses fonctions. Une enquête judiciaire a par ailleurs été ouverte par le parquet de Montpellier.

« Il ne pouvait pas ignorer qu’il ne s’agissait pas de policiers »

Le rapport, que le JDD a pu se procurer, estime que le doyen ne pouvait pas ignorer que ces hommes en noir armés de lattes en bois, qu’il laissait entrer, n’étaient pas des policiers. Pour les auteurs du rapport, sa responsabilité, « en donnant l’ordre de libérer le passage, d’ouvrir le portillon d’accès du parking et en effectuant plusieurs allées et venues entre le parking et le hall, s’avère pleinement engagée dans l’intrusion du commando cagoulé ». La responsabilité du professeur est également « clairement engagée ».

Toujours selon le JDD, le rapport pointe également un « manque de discernement » du président de l’université de Montpellier et la responsabilité d’un représentant syndical dans la montée des tensions.

 Si les faits et les propos relatés figurent effectivement dans le rapport  de l’Inspection générale lorsqu’il sera rendu public, le président saisira immédiatement la section disciplinaire compétente à l’encontre des deux personnes mises en cause », a réagi l’université. L'institution explique ne pas avoir eu connaissance du rapport de l'inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche, hormis les extraits qu'en a publiés le JDD. « Concernant les personnes cagoulées, dont les identités, à ce jour, n’ont pas été révélées, des mesures administratives seront également prises s’il s’avérait que figurent des membres de l’université parmi elles. »