Rennes: La plus ancienne détenue de France reçoit la première grâce d'Emmanuel Macron

PRISON Agée de 74 ans, cette femme originaire de Guadeloupe est incarcérée depuis trente-trois ans à Rennes...

Camille Allain

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Illustration d'une cellule de la prison des femmes de Rennes.
Illustration d'une cellule de la prison des femmes de Rennes. — Damien Meyer / AFP
  • Le président de la République Emmanuel Macron a accordé sa première grâce présidentielle.
  • Elle profitera à une femme âgée de 74 ans, considérée comme la plus ancienne détenue de France.
  • Incarcérée depuis 1988 à Rennes, cette ancienne prostituée a été condamnée à la perpétuité pour meurtre.
  • Placée dans un établissement psychiatrique en 1997, elle ne pourra pas être libérée mais profitera d’un régime plus souple qui devrait lui offrir quelques permissions de sortie.

Emmanuel Macron a accordé la première grâce de son quinquennat. Le président de la République a choisi d’aménager la peine de «la plus ancienne détenue de France». Cette ancienne prostituée originaire de Guadeloupe est détenue à Rennes depuis 1988 et sa condamnation à la perpétuité, après avoir passé trois ans en détention provisoire aux Antilles. Agée de 74 ans, elle est incarcérée en France depuis 30 ans, sans jamais avoir mis un pied sur le sol de la métropole en étant « libre ».

« C’est magnifique », témoigne son avocate, qui confirme l'information du JDD. « Je l’ai appris vendredi et ma cliente en a été informée aussi. C’est une excellente nouvelle », poursuit Virginie Bianchi.

Elle ne sera pas libérée

La grâce partielle accordée ne signifie pas que la détenue sera libérée mais que sa peine sera ramenée à vingt ans, à compter de la parution de l’acte de grâce. Elle pourra en revanche profiter d’un régime plus permissif qui devrait lui permettre de sortir de l’établissement psychiatrique dans lequel elle vit depuis 1997. « Elle aura un régime plus proche des autres patients qui l’entourent. Nous aurons la possibilité d'améliorer la fin de vie de cette femme, et c’est là le principal », poursuit son avocate, qui rappelle que sa cliente « est incapable de vivre dehors ».

Jugée coupable une première fois en 1973, sa cliente avait déjà passé sept ans en prison aux Antilles, avant d’être condamnée à la perpétuité en 1988 pour meurtre. Elle avait alors été transférée à la prison des femmes de Rennes, la seule qui accueillait les longues peines à cette époque. Très fragile psychologiquement, elle avait été transférée à l’hôpital psychiatrique Guillaume-Régnier en 1997, où elle vit toujours.

Privée de droits

Privée de liberté, cette détenue n’a jamais pu bénéficier d’une permission de sortie. « Elle ne peut pas aller au marché, s’acheter quelques vêtements ou voir la mer. Elle n’a pas le droit au téléphone. Et surtout, elle ne peut pas aller à l’hôpital », expliquait récemment son avocate à 20 Minutes.

L’histoire rappelle celle de Michel Cardon. Cet homme condamné à perpétuité en 1979 pour un cambriolage qui avait mal tourné a passé 38 ans sans voir personne, avant que l’avocat Eric Morain ne s’intéresse à son cas. Sa libération conditionnelle est prévue pour juin.