Marseille: La ville dévoile sa plateforme de Big Data pour «un espace public plus serein»

BIG DATA La ville de Marseille se dote d’une plateforme de big data, un outil d’aide à l’analyse et à la prise de décision…

Adrien Max

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Illustration d'un centre de données.
Illustration d'un centre de données. — Interxion
  • Caroline Pozmentier, adjointe LR à la sécurité à la mairie de Marseille dévoilait ce vendredi la plateforme de données de la mairie.
  • Cette plateforme collecte toutes les données publiques de la mairie, et de certains partenaires.
  • Avec le traitement de ces données, le but est d’adapter au mieux les dispositifs mis en place et améliorer la prise de décisions.

Ce n’est pas un hasard du calendrier. Caroline Pozmentier, adjointe LR à la sécurité à la mairie de Marseille présentait ce vendredi la nouvelle plateforme municipale de données. Le jour même de l’entrée en vigueur du règlement général sur la protection des données ( RGPD). Si elle n’est pas encore opérationnelle, elle le sera d’ici « l’été ou au maximum à la rentrée », a annoncé Caroline Pozmentier. Cette plateforme regroupe différentes données publiques de la mairie et de partenaires, afin de faciliter les prises de décisions et les orientations en matière d’action publique. Elle a coûté près d’1,5 million d’euros. 20 Minutes vous explique tout.

Quelles sont les données concernées ?

La plateforme municipale de données va regrouper l’ensemble des données publiques dont dispose la mairie de Marseille.

« Il s’agira de données en temps réels, mais aussi sur les dix dernières années. Il s’agit par exemple de celles de la police municipale, du centre de supervision urbain (pas les images), des comptes rendus des personnels des parcs et jardins, des emplacements des marchés, l’agenda culturel », explique Caroline Pozmentier.

Ces données municipales seront enrichies grâce à celles de partenaires. « Nous aurons également accès aux données de la RTM, des marins-pompiers, de la DDSP, de la préfecture, de la météo ou d’opérateurs téléphoniques », précise l’adjointe.

Elle rappelle qu’il s’agit uniquement de données publiques, et pas de données privées. Les opérateurs téléphoniques pourraient par exemple donner le nombre de personnes abonnées chez Orange présentes sur les plages du Prado. Caroline Pozmentier souhaite également inclure les habitants de Marseille et prévoit de créer un collectif pour travailler en ce sens.

Comment sont traitées ces données ?

La plateforme se présente sous forme d’agenda sur 30 jours, répertoriant tous les événements et manifestations par jour. L’algorithme calcule ensuite un risque, sur une échelle de 10, et l’adéquation du dispositif, en pourcentage.

« Les risques et l’adéquation du dispositif sont calculés en fonction des données que nous avons, et de l’expérience d’événements passés. Plus le risque est proche de 10, plus il est important. Plus le pourcentage de l’adéquation est haut, plus de dispositif prévu est adéquat », détaille Caroline Pozmentier.

Il est tout à fait possible que le pourcentage soit supérieur à 100 %, dans ce cas le dispositif peut être surdimensionné. En fonction de ces éléments, qui évoluent en temps réel, le dispositif peut être adapté, ou des manifestations reportées ou déplacées. Quoi qu’il en soit, le décideur final reste une personne. La plateforme sera supervisée par une équipe municipale de trois agents.

Quel est l’objectif ?

L’objectif affiché par la mairie est de mettre en commun toutes ces données, pour que différents services travaillent ensemble. La maître mot est la transversalité. « C’est comme si on réunissait dans une même pièce les directeurs d’une multitude de services », se réjouit Caroline Pozmentier. Le traitement de toutes ces données se concentrera sur trois champs d’action bien précis : la tranquillité, la sécurité et la mobilité.

« Le but est de rationaliser les dépenses publiques, sécuriser les lieux sensibles comme les hôpitaux, le stade ou le littoral, et bien sûr fluidifier la circulation », explique l’adjointe à la sécurité.

Comment garantir la protection des données ?

Caroline Pozmentier s’est montrée clair, il ne s’agit que de données publiques, en aucun cas de données personnelles.

« Nous encadrons, prenons la main sur ces données pour ne pas les laisser entre les mains des géants du net et du privé, tout en profitant de l’opportunité offerte par les nouvelles technologies », a-t-elle tenté de rassurer en préambule.

Cette plateforme sera supervisée par un DPO, ou défenseur des données personnelles en français, afin de créer un référentiel sur les usages des données et leur sécurisation. Des études d’impacts sont aussi programmées, elles seront également validées par la commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil).

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