Parcoursup: Plateformes d’accompagnement, hashtag, appels à manifester… Les syndicats lycéens se mobilisent face aux bugs

ORIENTATION Les témoignages de lycéens déçus, stressés ou en colère continuent d’affluer deux jours après la publication des premières réponses aux vœux d’affectation sur la plateforme Parcoursup…

Claire Planchard

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Un lycéen en train de se connecter pour la première fois à la plateforme Parcoursup.
Un lycéen en train de se connecter pour la première fois à la plateforme Parcoursup. — H. Menal - 20 Minutes
  • Mardi, les premières réponses aux vœux d’affectation des lycéens ont été publiées sur Parcoursup : au total, plus de la moitié des 810.000 jeunes inscrits sur la nouvelle plateforme d’accès à l’enseignement supérieur avaient reçu mercredi au moins une réponse positive à leurs vœux, mais l’autre moitié restait en attente d’une proposition.
  • Depuis de nombreux témoignages dénonçant les dysfonctionnements de Parcoursup sont relayés sur les réseaux sociaux, notamment avec le hashtag #ParcourSupercherie, lancé par la Coordination lycéenne nationale, opposée à la réforme du gouvernement.
  • Plusieurs syndicats lycéens et étudiants ont lancé des plateformes pour accompagner les jeunes dans leurs démarches ; certaines appellent aussi les lycéens à manifester pour demander le retrait de la loi ORE.

Critères de sélection incompréhensibles, rang de file d’attente supérieur au nombre de candidats dans ladite file d’attente, totalité des vœux refusés… Depuis mardi soir et la publication des premières réponses aux vœux d’affectation sur la plateforme d’orientation Parcoursup, les témoignages de lycéens déçus, stressés ou en colère affluent sur les réseaux sociaux, souvent accompagnés du hashtag « ParcourSupercherie »

Ce mot dièse a été lancé le 20 mai par la Coordination lycéenne nationale (CLN, opposée à la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE) réformant l’accès à l’enseignement supérieur). Diffusé en appui d’une page Facebook spécifique, il vise à « recenser tous les témoignages de lycéens qui ont eu des soucis au niveau du passage de leurs vœux, des notifications ou s’ils ont simplement un coup de gueule sur des méthodes de sélection qui seraient abusives » a expliqué l’un de ses initiateurs auprès de Konbini.

Mardi, une pétition intitulée « Non à la ParcourSupercherie », adressée à Emmanuel Macron et sa ministre de l’Enseignement supérieur, a également été lancée sur change.org par le collectif « Non à la sélection ». Des témoignages très politiques donc.

Des plateformes d’accompagnement

Plus pragmatiques mais tout aussi militantes, l’Unef, l’Union nationale lycéenne (UNL), l’association de parents d’élèves FCPE et l’association Plus ont, elles, lancé (comme aux heures noires de la plateforme APB) le site sos-inscription.fr qui permet aux lycéens « en attente ou refusé » dans la filière de leur choix d’accéder à un « formulaire d’aide ou de recensement » ou de contacter une hotline (08.12.94.16.81). Selon l’UNL, 800 lycéens avaient déjà sollicité la plateforme ce jeudi soir, un chiffre «énorme», selon l’organisation.

« On a reçu de très nombreux appels de lycéens en pleurs, qui nous disaient se sentir complètement seuls et perdus sur Parcoursup, explique à Louis Boyard, le président de l’UNL. On essaie bien sûr de rassurer lycéens et parents - même si on n’y croit pas vraiment nous-mêmes - mais on les informe aussi sur les recours possibles notamment pour exiger de connaître les algorithmes locaux utilisés. Et chaque sollicitation génère automatiquement un mail envoyé au ministère. En spammant leur boîte, on espère qu’ils se rendent compte de l’ampleur du drame car en octobre on aura des dizaines de milliers de lycéens sans formation ».

Même démarche d’accompagnement du côté de la Fage, le discours alarmiste et l’action militante en moins : le syndicat étudiant (qui soutient la réforme ORE) a lancé l’interface sos-parcoursup.fr sur laquelle les jeunes peuvent solliciter de l’aide. « Nous avons dépassé ce jeudi le cap des 500 sollicitations, explique Jimmy Losfeld, le président de la Fage. C’est un peu plus que ce que l’on pensait mais c’est assez logique qu’après le naufrage d’APB de l’an passé les lycéens soient stressés. Ils posent souvent la même question («je suis en attente…», etc.) et dans la majorité des cas nous les rassurons car hormis quelques filières en tension susceptibles à terme de devoir sélectionner (Staps, Paces, etc.) ils seront pris dans la majorité des cas à l’université à la rentrée ».

Appels à se joindre à la « marée populaire »

Certaines organisations syndicales opposées à la réforme de l’accès à l’université comptent pourtant bien capitaliser sur ce mécontentement pour faire descendre dans la rue les lycéens, grands absents jusqu’ici des cortèges et AG étudiants. Une première manifestation lycéenne a d’ores et déjà été organisée à Paris ce jeudi à l’appel notamment de l’UNL et du comité d’action inter-lycéen. Son mot d’ordre : « Parcourshit : après la catastrophe, tout bloquer devient Vidal ». Un autre rassemblement était également prévu à Toulouse.

Mais c’est surtout le 26 mai que certains syndicats lycéens et étudiants espèrent faire le plein : plusieurs organisations, dont l’Unef et l’Union Nationale Lycéenne, ont appelé à participer à la «marée populaire» organisée ce samedi pour dénoncer la politique d’Emmanuel Macron. « Si le gouvernement durcit le ton, nous aussi », résume le président de l’UNL qui croit déjà voir « la mobilisation lycéenne s’amplifier » après les premiers résultats mitigés de Parcoursup.

Une « instrumentalisation » que dénonce la Fage : « je m’indigne que certaines organisations accusent déjà Parcoursup de fiasco : il est vrai qu’il y a plus de jeunes en attente que l’an dernier mais ce n’est pas après trois jours que l’on peut le dire. La ministre a pris l’engagement qu’aucun élève resterait sans formation, nous jugerons sur pièce à la rentrée si c’est une réussite ou un échec », confie le président Jimmy Losfeld.

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