Salim Benghalem, figure du djihadisme français, a «probablement» été tué en Syrie fin 2017

DAESH Salim Benghalem, ancien proche des tueurs de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, a « probablement » été tué en Syrie en novembre dernier, selon une source proche du dossier…

Marie De Fournas

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Salim Benghalem aurait joué un rôle central dans l'acheminement de djihadistes depuis la France
Salim Benghalem aurait joué un rôle central dans l'acheminement de djihadistes depuis la France — AFP PHOTO / HO / AL HAYAT MEDIA CENTRE

Salim Benghalem était parti en Syrie en mars 2013. Ce trentenaire, figure du djihadisme français, est soupçonné d’avoir été un des bourreaux de Daesh. Selon une source proche du dossier, il serait mort en Syrie en novembre dernier dans un bombardement. Cette même source invite cependant à la prudence, faute d’éléments de preuve matériels.

Ancien délinquant de droit commun radicalisé en prison, Salim Benghalem aurait été formé par Aqpa (al-Qaida dans la péninsule arabique) avant de rejoindre les rangs de Daesh où il aurait joué un rôle central dans l’acheminement de djihadistes depuis la France.

Il avait menacé la France

En France, il a notamment gravité dans l’entourage de la filière djihadiste dite « des Buttes-Chaumont », du nom d’un parc parisien, où il a rencontré les frères Kouachi, auteurs de l’attentat contre Charlie Hebdo, et Amédy Coulibaly, le tueur de l’Hyper Cacher. Ces deux attaques avaient fait 14 morts en janvier 2015.

Dans une vidéo de propagande diffusée en février 2015, il avait menacé la France, exprimé sa joie après les tueries de janvier à Paris et appelé des cellules dormantes à prendre les armes contre les citoyens français.

Soupçonné d’avoir été avec Mehdi Nemmouche

En septembre 2010, il avait été brièvement interpellé pour le projet avorté d’évasion d’un auteur des attentats de 1995 à Paris, Smaïn Aït ali-Belkacem. Coulibaly et Chérif Kouachi avaient eux été condamnés.

Il est par ailleurs soupçonné d’avoir été avec Mehdi Nemmouche, le tireur présumé du musée juif de Bruxelles, un des geôliers des quatre journalistes français libérés en avril 2014 après dix mois de captivité en Syrie.

300 djihadistes français tués depuis 2014

Visé par un mandat d’arrêt international et inscrit sur la liste noire des Etats-Unis pour son appartenance à Daesh, il a été condamné en son absence à quinze ans de prison en janvier 2016 à Paris au procès d’une filière d’acheminement de djihadistes en Syrie.

Quelque 300 djihadistes français, parmi lesquels 12 femmes, ont été tués sur le théâtre irako-syrien depuis 2014, selon les estimations d’une source proche du dossier. 730 adultes et 500 enfants étaient encore sur place à cette date, selon cette même source.

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