Alsace: On a vécu avec une lycéenne la découverte des premières réponses à ses vœux sur Parcoursup

EDUCATION Avec le lancement de la dernière étape du dispositif d’orientation Parcoursup mardi, les lycéens ont obtenu leurs premières réponses et leurs classements en fonction de leurs voeux ce mardi à partir de 18 heures...

Bruno Poussard

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Camille, lycéenne d'Erstein, en pleine découverte des réponses à ses voeux devant la plateforme du nouveau dispositif Parcoursup.
Camille, lycéenne d'Erstein, en pleine découverte des réponses à ses voeux devant la plateforme du nouveau dispositif Parcoursup. — B. Poussard / 20 Minutes.
  • Les premiers résultats aux vœux de plus de 810.000 candidats sont tombés à partir de ce mardi sur la plateforme du nouveau dispositif Parcoursup.
  • En Alsace, une élève du lycée Marguerite-Yourcenar d’Erstein (Bas-Rhin) a accepté de découvrir ses résultats avec un journaliste de 20 Minutes.

Le portable dans une main. Le pad de l’ordinateur portable dans l’autre. Et la maman au-dessus de l’épaule. Il est un peu plus de 18h30 ce mardi et pour Camille, élève de terminale ES au lycée Marguerite-Yourcenar d’Erstein (Bas-Rhin), c’est l’heure des premières réponses. Depuis une demi-heure, la dernière étape du nouveau dispositif d’orientation Parcoursup est lancée.

Sur le papier, pas de suspense pour elle. Mais… En quelques clics, l’écran lève tout semblant de doute : « C’est oui aux deux », coupe-t-elle. A bientôt 18 ans, ne lui reste plus qu’à choisir : fac de géographie, ou fac de sociologie, toutes deux à Strasbourg. Et ce d’ici le 28 mai, date limite, afin de libérer potentiellement une place à un autre lycéen « en attente ».

Pour Camille, aucun doute. A peine rentrée du lycée en bus, elle se marre : « Dans quelques années, peut-être que je serai géographe. » Ses parents embrayent avec le même sourire : « Ou professeur d’histoire-géographie. » La lycéenne est lucide, elle a le temps, rêve d’étranger, et se réjouit de ce qu’elle apprendra dans cette filière même si son parcours l’amène ailleurs plus tard.

Les réponses temporairement désactivées

En attendant, la plateforme numérique est débordée, les réponses temporairement désactivées ce mardi soir. Après neuf premières minutes de bug, les messages fusent sur le téléphone de Camille. Des doigts croisés en émoji en guise de réponse. Certaines amies ont tous leurs vœux, ou presque, « en attente », avant les réponses d’autres lycéens.

Rien n’est définitif jusqu’à début septembre, le processus et le calendrier ont été rappelés ce mardi en classe par une des deux professeurs principales (leur nombre a été doublé en décembre) pour rassurer les élèves. A base d’entretiens à trois puis individuels, d’ateliers ou de séances d’information, l’accompagnement autour de l’orientation a ici débuté dès la rentrée (et même depuis les années précédentes).

Enseignante d’histoire-géographie (qui dit préférer valoriser le potentiel), Florence Laurent détaille : « Nous avons mis une vraie discussion en place pour que l’élève construise sa décision. Pour adapter "je veux" et le "je peux". On ne voulait pas qu’ils se disent "je peux peu, je prends ce qu’il reste". Sans les leurrer non plus, on les a encouragés à ne pas manquer d’ambition. » Le proviseur Jean Engel ajoute :

« Le travail visant à rassurer, expliquer que la situation va encore évoluer, que des places vont se libérer, va se poursuivre. »

Le stress des vœux avant le stress du bac

Avec des filières peu sélectives (où les équipes pédagogiques n’ont même pas voulu​, à Strasbourg, effectuer de classement), Camille n’était pas la plus stressée. Un peu plus tôt, Raphaël, un de ses camarades aux neuf différents vœux, ne cachait pas un peu d’appréhension : « Cette semaine sera quand même décisive ». Dès ce mardi soir par mail ou jeudi en classe, des échanges avec les professeurs sont encore prévus.

Dans la famille de Camille, les inquiétudes, elles, ont en tout cas disparu. « En fait, je craignais surtout qu’elle ne sache pas quoi étudier et qu’elle fasse quelque chose par dépit », confie Catherine, sa mère qui la félicite. En attendant le « grand changement » de l’entrée à l’université, la lycéenne a encore le bac à passer. « Et ça, ça m’inquiète ! »

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