Notre-Dame-des-Landes: Un zadiste amputé de la main après l'explosion d'une grenade

FAITS DIVERS Un jeune d'une vingtaine d'années a eu la main arrachée, ce mardi, lors de heurts sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes...

20 Minutes avec AFP

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Un zadiste renvoyant une cartouche de gaz lacrymogène en direction des forces de l'ordre à Notre-Dame-des-Landes le 17 mai 2018.
Un zadiste renvoyant une cartouche de gaz lacrymogène en direction des forces de l'ordre à Notre-Dame-des-Landes le 17 mai 2018. — F.Tanneau/AFP

Un homme a été amputé de la main droite ce mardi, après avoir ramassé une grenade sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, a déclaré dans un communiqué le procureur général de la Cour d’appel de Rennes, Jean-François Thony. Ses jours ne sont pas en danger. L’accident s’est produit lors de heurts avec des gendarmes en marge des travaux de déblaiement de squats, détruits en fin de semaine dernière lors de la deuxième salve d’expulsions.

Avait-t-il ramassé la grenade?

Selon les premiers éléments de l’enquête, une cinquantaine d’opposants s’en sont pris aux gendarmes mobiles qui sécurisaient ces travaux. Pour se dégager, les forces de l’ordre ont répliqué par des jets de grenade « comme il est d’usage dans ce type d’opération » dans le but de « défendre leur intégrité physique », indique le ministère de l’Intérieur.

C’est à ce moment-là qu’un homme de 21 ans a eu la main arrachée en ramassant une grenade lacrymogène GLI-F4, selon une source ministérielle. L’engin aurait explosé alors que le jeune homme était en train de la renvoyer sur les forces de l'ordre, selon la même source.

Une version contestée par des zadistes témoins de la scène. Ils pensent plutôt que le jeune homme serait tombé sur la grenade ou que celle-ci aurait explosé à hauteur de sa main. « Il est assez peu probable et pas du tout crédible que la personne ait ramassé la grenade volontairement, étant donné qu'elle était en train de fuir », insistent les témoins.

Enquêtes ouvertes

Les faits se sont déroulés à proximité du lieu-dit de la Chateigne, un des habitats précaires évacués par les gendarmes la semaine dernière. Le jeune homme a été rapidement pris en charge et renvoyé vers un centre hospitalier, précise le communiqué.

Outre l’enquête judiciaire ouverte par le parquet de Saint-Nazaire et confiée à la section de recherches (SR) d’Angers, l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) a également été saisie « afin de préciser les circonstances de cette intervention ».

Nouvelles barricades

Les travaux de déblaiement portaient mardi matin sur les sites de la Chateigne et la Vosgerie, deux habitats démantelés la semaine dernière, selon la gendarmerie. Les forces de l’ordre ont dû dégager le chemin de Suez, qui était à nouveau jonché de barricades, pour accéder aux habitats démolis.

Dix «squats» ou lieux de vie ont été détruits ou évacués jeudi et vendredi dernier, après la destruction de 29 habitats début avril. Au total, 97 avaient été recensés sur la ZAD.

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