Notre-Dame-des-Landes: Sur la ZAD, la mobilisation s'amenuise

SOCIETE La manifestation de dimanche sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes a accueilli moins de 500 soutiens...

20 Minutes avec AFP

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Rassemblement a Notre-Dame-des-Landes, le 20 mai 2018 //SALOM-GOMIS_dl011/Credit:SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA/1805201816
Rassemblement a Notre-Dame-des-Landes, le 20 mai 2018 //SALOM-GOMIS_dl011/Credit:SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA/1805201816 — SIPA
  • Au surlendemain de la deuxième opération d'expulsions, la mobilisation a été faible sur la ZAD.
  • La lutte avec les forces de l'ordre, «on a envie que ça s'arrête», explique Camille, un des habitants.

La résistance semble décidement de moins en moins forte. Au surlendemain de la deuxième opération d'expulsions à Notre-Dame-des Landes, «le retour sur la ZAD» n'a mobilisé dimanche que quelques centaines de personnes, qui peinaient à occulter un essouflement et des divisions au sein du mouvement. Jeudi et vendredi déjà, la gendarmerie avait rencontré peu d'opposition.

Autour du «hangar de l'avenir», noir de monde lors du rassemblement qui avait suivi la première vague d'expulsions en avril, ils n'étaient pas plus de 200 au début du rassemblement à avoir répondu à l'appel de quelques organisations pour que «l'opération policière et les expulsions cessent enfin». Benoît et Anne, retraités venus des Deux-Sèvres, refusent d'admettre un échec, reconnaissant au mieux «un petit creux» dans une «lutte qui durera».

Construction d habitation en bois pres de la ferme de Bellevue sur la ZAD, le 20 mai 2018.//SALOM-GOMIS_dl005/Credit:SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA/1805201816
Construction d habitation en bois pres de la ferme de Bellevue sur la ZAD, le 20 mai 2018.//SALOM-GOMIS_dl005/Credit:SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA/1805201816 - SIPA

«Fin d'un cycle»

La veille, à Nantes, une manifestation avait été finalement annulée sans explication. «On ne peut pas mobiliser 10.000 personnes tous les mois», avance «Maël», un habitant de la ZAD, qui admet qu'«il y a une forme de lassitude, c'est sûr». Le cortège a grossi peu à peu pour atteindre, selon la gendarmerie, quelque 450 personnes. Au programme: semis de sarrasin, plantation d'épouvantails à gendarmes, avant un apéro. Faute de forces de l'ordre sur la zone, le concours d'«insultes littéraires» a été abandonné.

Après une deuxième vague d'expulsions, jeudi et vendredi, bien moins violente que la première, ils sont nombreux ici à estimer être arrivés à la «fin d'un cycle» et à vouloir entrer dans une de négociations avec le gouvernement pour mettre en place des projets et «continuer l'expérience» de la ZAD. La lutte avec les forces de l'ordre, «on a envie que ça s'arrête», explique Camille, un des habitants.

«Passer à une autre séquence»

Au carrefour de la Saulce, haut-lieu d'affrontement entre gendarmes et zadistes, le cortège est stoppé par un groupe qui édifie une construction en bois et béton pour en bloquer l'accès. Ceux-là sont cagoulés de noir, et leur présence jette un froid dans la troupe plutôt joviale qui défile. Un peu plus loin sur l'emblématique ex-route des chicanes, d'autres creusent des «ralentisseurs» dans le bitume, à la pioche. «Ils sont contents, ils creusent des trous», commente Maël, amer, en les les observant de loin. Il préfère encourager au mégaphone à aller semer du sarrasin dans le champ voisin.

«On ne veut pas qu'ils pètent la route, ils amènent les gendarmes sur la zone. Nous on veut passer à une autre séquence», dit un autre «Camille». «J'ai eu l'impression qu'il y avait deux ZAD», résume Martine, 66 ans, chemise fleurie et lunettes de soleil: Celle où l'on «construisait, où c'était vachement sympa, où on entendait le travail du bois», et la ZAD qui a «envie de continuer à s'affirmer en faisant des barricades et en se payant du flic». Face aux «discordes» évidentes, «on est tous relativement mal à l'aise», reconnaît-elle.

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